14 septembre 2017

San Blas... Prêts, Partez !

6h00 nous sommes prêts à lever l'ancre pour partir explorer les San Blas... Faux départ. C'était le 7 juillet et Zeus en avait décidé autrement.

Il aura fallu un peu plus de 2 mois pour boucler toute la partie administrative et financière permettant l'envoi du matériel du rechange. Certes, le mois d'août n'a pas facilité les choses. Cependant, nous pouvons décerner sans hésiter le bonnet d'âne aux banques françaises. À croire qu'il est plus facile d'envoyer une sonde sur Mars que son propre argent au Panamá. Entre la banque de l'assureur et la nôtre, elles nous auront fait perdre 1 mois d' aller retour incompréhensibles de fonds.
Bref...

6h00 nous sommes prêts à lever l'ancre pour partir explorer les San Blas... Nous sommes le 13 septembre.
Nous mettons à profit les 10 jours nécessaires à l'envoi du matériel de remplacement pour nous mettre au vert, ou plutôt au bleu loin des tergiversations bureaucratiques.

À l'ancienne, sans pilote, sans sondeur ni données de vent, nous voilà en route pour ces îles dont on rêve depuis de nombreuses années.
L'une des photos de mouillage aux San Blas du célèbre voilier tourdumondiste Banik est restée longtemps notre fond d'écran dans notre vie de terriens. Nous allons tutoyé une des escales mythiques de notre voyage.

En 7 heures sans un souffle d'air, nos vaillants moteurs nous ont mené à destination depuis Linton Bay. Zeus a tout de même été de nouveau de la partie. Et un p'tit orage pour la route.
Vent, pluie, éclairs au large... C'est de saison.
Décidément, on se les sera gagné ces San Blas.

Il est 13 heures lorsque nous pointons nos étraves devant la passe qui mène au premier mouillage choisi (sur les conseils des copains d'Eclectik 2. merci). Normalement, c'est le timing idéal pour discerner le chenal bordé de patates de corail et de récifs. Enfin, en théorie. En pratique, le ciel est très voilé. Gris de chez gris.
- Pour le soleil au zénith faudra repasser M'sieur D'me

Peu importe, aidé par les cartes du coin (scannées en kap) via opencpn sur notre smartphone et sur notre PC de bord, nous nous présentons lentement. Attention de l'équipage +++
Les esprits sont un peu tendus au passage du goulet entre les îles. On sort la sonde manuelle (merci les Karacool pour le prêt). Un peu moins de 2 mètres d'eau...Ça passe.

Nous déposons notre ancre dans plus de 10 mètres d'eau au milieu d'une jolie piscine bleue où de petits îlots/cocotiers délimitent le terrain de jeu.
Superbe
Point GPS : 9°32.762'N 78°53.805'O

Dès le lendemain matin, lorsque Monsieur Soleil se lève, le charme opère. Les dégradés de bleus sur les coraux alentours. Le camaïeu de vert des palmes de cocotiers. Nous dévorons tout du regard tant nous avons attendu ces panoramas.

Les premiers contacts avec les indiens Kuna sont cordiaux et non intrusifs. Langoustes, poissons nous sont proposés à des tarifs bien plus raisonnables que dans les Caraïbes.

Le soir venu, alors que nous savourons notre plaisir assis sur les jupes arrières à contempler les bancs de poissons argentés s'agiter dans le halo lumineux de nos spots sous marins, une invitée surprise vient prendre part à nos rêveries. Une élégante raie léopard nous offrira la beauté et la légèreté de son ballet entre nos coques.
Magique.

Nous y sommes.
Les "wacances" commencent bien.

Ps : Le réseau internet mobile est faible d'où le peu de photos. Nous nous rattraperons plus tard. En attendant, vous pouvez en voir quelques unes sur la page Facebook : Le voyage de Ti'Amaraa ou sur Instagram ti_amaraa.

31 août 2017

Bonne nouvelle !!


Après moults rebondissements, l'indemnité versée par l'assurance (depuis le 8 août tout de même...) est arrivée aujourd'hui chez le prestataire. Nous allons enfin pouvoir avancer. Le matériel va pouvoir être commandé et nous allons être libérés... Youhouuu !!!

Oh, nous savons bien que l'on n'est pas encore au bout de l'histoire. Une chose est certaine, ce contre temps nous aura appris à développer notre patience. Nous sommes même devenus ceinture noire 2ème Dan de self control. 
Entre les congés des uns et des autres, les jours fériés en France, les banques incapables de recopier correctement un nom et un numéro de compte, c'était ça ou on enrageait. 



Alors pour se détendre, notre activité préférée c'est le running matinal. 
Une belle route asphaltée bordée de fleurs enivrantes, de végétation tropicale, de papillons multicolores. Nous courons survolés par des perroquets aux couleurs vertes et jaunes si éclatantes que l'on a l'impression que la peinture n'est pas sèche. 
Quel privilège de faire nos entraînements dans un tel cadre. 
La semaine, cette voie sans issue vers l'ultime village La Guaira est quasi déserte. Quelques petites maisons bordent le chemin. Nous croisons les écoliers dans leurs uniformes chics qui partent à pied rejoindre leurs classes. Les chiens du coin allongés bien à l'ombre nous regardent passer avec une once d'interrogation dans leurs yeux à moitié clos.
La route est pour nous, une véritable piste d'athlétisme. 
Ah si, on a tout de même doublé... Un canard ✌️😂











Courir a toujours été un plaisir. Nous essayons, autant que possible, de conserver cette activité dans notre vie sur l'eau. Notre coach dans les étoiles y veille.


Allez, à bientôt pour la suite de nos aventures '' foudroiement ''.

17 août 2017

Un 15 août sur l'eau

Envie de bouger, 
Assez de voir notre ancre prendre racine, 
Besoin de changer d'air en attendant notre nouveau matériel, 

Telles étaient les données d'entrée de notre réflexion du dimanche. Cependant, tant que la commande du matériel de rechange suite au foudroiement n'est pas bouclée entre les prestaires, les délais bancaires et on en passe, nous devons rester joignables.

Grâce à l'excellent et indispensable guide nautique de la zone (on en reparlera plus tard), nous avions repéré une baie qui semblait remplir toutes les conditions :
- Mouillage isolé mais assez près des villages donc théoriquement connectés au réseau 3G
- Fond de sable à 3/4 mètres 
- Pas trop de piège '' corail'' en chemin. 

Point GPS : 9°35.359'N   79°39.265'O


En effet, la côte Caraïbe du Panama est assez coquine. Des récifs coralliens, voire mêmes des micro îles type cailloux au milieu de nulle part truffent le décor. Cela donne certes un rendu photogénique idéal mais d'un point de vue navigation il faut être vigilant. 
D'autant plus que nous n'avons plus de données de profondeur... Autant dire qu'à certaines heures ce serait comme avancer les yeux bandés sur un terrain miné. Non merci.

Et un sondeur jamais en panne, un
Merci les Karacool pour le prêt 👍

Nous avons donc choisi une belle fin de matinée ensoleillée pour nous déhaler de cette baie de Linton et nous mettre en route pour une poignée de miles vers Playa Blanca. 
Comme son nom l'indique, une, ou plutôt plusieurs, jolies plages de sable blanc dessinent le fond d'une baie sauvage surplombée par une forêt tropicale dense où, ça et là, au gré des vagues une noix de coco a élu domicile en se transformant en cocotier majestueux et en fondant toute une tribu. 



La journée, la belle langue de sable accueille quelques touristes déposés en taxi boat.



En mode Robinson, ils viennent rechercher le calme et la plénitude que cet endroit dégage.
Bon, pour le coup, le plan '' viens chérie, j't'amène sur une plage isolée. On s'ra seuls au monde''. 
C'est raté.
Ti'Amaraa est un peu dans cette anse, ce que la sardine fut au Vieux port de Marseille. On est un peu en plein milieu. 😂
Faut dire qu'avec les hauts fonds de part et d'autre, il faut bien viser pour poser l'ancre. 
On promet, on s' est fait super discrets. Car c'est justement en fin d'après-midi, à l'heure où tous les aventuriers d'un jour sont rentrés dans leur chambres d'hôtels climatisées, que nous en profitons en étant les heureux gardiens de cette baie oubliée. 

Lorsque le soleil s'incline sur la mer vers d'autres latitudes à réchauffer, il nous offre un dernier round en jouant de ces nuances d' éclairages pour colorer le décor à sa manière. Pour une fois, ceux ne sont pas les teintes rougeoyantes du ciel qui font le show. Les feuilles vertes revêtent des couleurs dorées. Les bouquets orangés du flamboyant s'embrasent. Les grains de silice reflètent les rayons déclinants. Si le jour, nous sommes à Playa Blanca. Le soir, elle est Dorada rien que pour nos yeux à jamais curieux de ces beautés naturelles. 
Aucun objectif d'aucun appareil ne peut retranscrire la perception de nos pupilles. 

Plage privée pour balade du soir 😎

Chaque matin, à l'heure où la cafetière glougloute, les pélicans plongent à la recherche de la version iodée de leur petit déjeuner, la chasse des poissons fait bouillonner la surface lisse du mouillage, les oiseaux se réveillent en gazouillant. Pas un bruit à part celui des petites vagues qui viennent à peine rider le sable. 

Peace ❤

Les petites choses de la vie les tout petits riens du quotidien dont on peut ne plus se rendre compte mais qui font que selon la façon dont on les vit, le moment est plaisant et donne envie de sourire. Nous avons tous nos petits riens à nous. Il faut juste en prendre conscience.

Bien entendu, ne venez pas ici en cherchant le bar pour l'happy hour de fin d'après-midi, ni la supérette avec fruits et légumes frais. 
De part et d'autres, quelques petites maisons semblent être en travaux mais elles ressemblent plus à des résidences secondaires de natifs qu'un quelconque projet d'aménagement. Et cela nous paraît préférable pour la préservation de ce site.

Pendant des heures, on peut longer en annexe cette côte oubliée aux dénominations poétiques : isla del Padre, los tres Marías...


Le peu de profondeur impose de se déplacer à la rame à certains moments. Quel meilleur moyen pour partager un bout de vie d'un couple de martin pêcheurs, de tortues, de colibris et nos préférés,les singes hurleurs ? 
Une fois de plus, le temps semble s'être arrêté autour de nous. 



À priori, le week-end tout change. Nombreux sont les touristes à venir passer la journée à grand renfort de sonos, de bateaux moteurs et de jet skis.
Nous serons partis...
C'est l'avantage de notre vie sur l'eau. Nous pouvons choisir la philosophie à travers laquelle nous souhaitons vivre l'instant et le panorama.

13 août 2017

Patience...

Cette jolie œuvre de Mr Dali représente si bien l'âme de notre Ti'Amaraa, notre liberté.
Nous vous l'offrons aujourd'hui pour vous souhaiter un bon dimanche. 


Bientôt les papillons de Ti'Amaraa nous porteront vers de nouveaux horizons.

Les réparations suite au foudroiement ne devraient plus tarder. 
Nous avons hâte de reprendre le cours de notre vie sur l'eau 
Merci à tous pour vos messages 

À très bientôt, 
Promis 

30 juillet 2017

Panamá secret

Lorsque vous vous  baladez le long de la côte Caraïbe du Panama, c'est la végétation luxuriante gorgée d'humidité qui vous accueille de prime abord par ses effluves chlorophyllées et terreuses. 

Nous sommes géographiquement dans un cas particulier de notre planète. Il n'y a en effet jamais eu de jonctions terrestres entre le Panama et la Colombie du fait de cette forêt tropicale hostile. C'est par ailleurs le seul tronçon manquant de la célèbre Panamerica :  la transaméricaine ou « autoroute panaméricaine » qui relie l'ensemble des Amériques.
Une surface du globe 100% Nature Originelle. 



Déjà à Linton Bay, nous sommes quasiment au bout de la route qui rejoint Colon. Autant dire qu'il ne faut pas rater les quelques bus qui poussent jusqu'ici sous peine de rester dormir à Colon ou Panamá City, car même certains taxis refusent de faire le déplacement si loin. Il faut s'organiser par exemple pour faire les avitos. Il est évident que l'on ne se déplace pas pour un paquet de pâtes. 



Si notre contre-temps ''foudre'', nous bloque à Linton Bay pour gérer le dossier avec l'assurance et les prestataires. Nous avons tout de même profité d'un week-end pour nous échapper le long de cette côte. 
C'est donc en mode old school avec notre Nestor définitivement dead et une électronique de nav bipolaire que nous avons levé l'ancre pour accompagner les copains de L'Eclectik 2 vers leur mouillage secret. 
Nos étraves pointent alors sur une grande anse truffée de récifs où la nature a octroyé un petit espace permettant à nos ancres de goûter les fonds. 

À terre, une grande et belle propriété, appelée ici finca, occupe des hectares. Composée champs cultivés , d'élevages d'animaux, de bungalows à louer, ce petit joyau appartient à un riche espagnol basé à Panamá City. Souvent absent, il a confié l'entretien à un couple de colombien et la gestion du personnel et de l'exploitation à une vétérinaire colombienne. 


James, notre chouchou de 5 mois 






La chance a voulu que lors d'un premier passage de Marie et Christophe (L'Eclectik 2), l'équipe ait été ravie d'accueillir à terre des navigateurs de passage, en l'absence du boss et de ses hôtes. 
Gentiment invités par ces derniers à les rejoindre, nous avons donc eu le plaisir de vivre un week-end hors de la civilisation à partager nos repas et discussions autour d'une table internationale. 
Un cata franco-venezuelien, un bateau autrichien, une équipe colombienne... Idéal pour jongler entre français, anglais et espagnol pour l'équipage de Ti'Amaraa autour d'une grillade de bœuf local à faire saliver un vegan. 

Miammmm 😉


Pour une fois, par respect pour la gentillesse et l'hospitalité de nos hôtes, nous ne communiquerons pas le point GPS. 
Pour nous faire pardonner, trois minutes avec nous là-bas, ça vous dit ? 
La vidéo est là 
Ou sur https://vimeo.com/227618032

14 juillet 2017

Hey Zeus!!!


La panne est inévitable, inscrit dans les circonvolutions du cerveau de nos bateaux de voyage. 
Nous sommes plutôt bien lotis depuis plus de trois ans que nous naviguons avec Ti'Amaraa. Nous ne connaissions pas le charme des escales forcées pour raisons techniques. 

Rassurez vous, la nature est bien faite. La vie de voyage est une succession d'aventures. Nous apprenons tous les jours. C'est ainsi que vendredi dernier, nous avons eu un soucis de traduction avec le Zeus panaméen. 

- Hey mec. Quand on disait qu'on allait se plaire ici, on s'est pas compris... On demandait pas forcément le coup de foudre. 



Et pourtant, nous y voilà. Après un week-end à refuser d'y croire et à osciller entre espoir et décollage pour Dingoland, force est de constater que Ti'Amaraa a pris un coup de chaud.
Que faire ?
Rentrer dans une spirale du '' C'est pas d'bol'', "C' est pas not'année". 
Pas notre genre de nous apitoyer sur notre sort. Le voyage doit et va reprendre. 

Alors. ACTION !!! 
Les diagnostics
Les paperasseries
Les visites d'experts

Nous sommes entrés de plein pied dans une danse que nous espérons assez courte tout de même. 

C'est parti. On se relève les manches et on avance assistés par notre concessionnaire Chemins d'Océans, les équipes Raymarine France et Panama et notre assureur. Tous ont répondu présents depuis les premiers jours. Que c'est réconfortant de se sentir épauler ! 

Encore une fois, la vie nous offre de belles rencontres sous le signe de la solidarité entre voyageurs des mers. Merci Pierrick pour tes compétences, ta disponibilité et ton diagnostic sans faille. 

Toujours avec notre politique de la bouteille à moitié pleine, la bonne nouvelle, c'est qu'on va pouvoir debriefer sur ce sujet des orages et des bateaux de voyage.

Merci à tous pour vos messages de soutien. 
Bougez pas. On revient. 
Viiiiiite 

8 juillet 2017

Vendredi 7x2-1= ?

Il y a des jours et des semaines comme ça où l'on se demande qui joue avec une poupée vaudou à nos effigies. 
Après les fixations du guindeau qui nous ont lâché au plus mauvais des moments, un condensateur du lave linge qui a littéralement explosé nous laissant le stock de linge malodorant sur les bras, on pensait la série terminée. 
Et bien, non...
On vous fait grâce de la télécommande de l'alarme qui s'est mis en mode anarchique en nous mettant le bateau sous protection pendant notre sommeil... Sympa la surprise au saut du lit 😉
On peut bien rire de tous ces tracas matériels quand ils ont la délicatesse de faire la queue et d'attendre leur tour pour entrer sur le devant de la scène. Mais lorsque c'est concentré dans une même semaine, on avoue y avoir un peu perdu notre humour. 
Enfin, une fois tout debuggé, tout réparé, les télécommandes commandées, nous pouvions enfin souffler et partir découvrir les célèbres San Blas. 
Circuit départ classique :avito, messages à la tribu, pleins faits... Réveil programmé pour 5h30 le lendemain. Nous sommes prêts. 

Ça sonne. On saute dans nos shorts tout à l'excitation de cette nouvelle escale. 

- On prendra le p'tit déj en route. Trop hâte. 

Et là, patatras... Notre système d'électronique de navigation est en rideau. Black out total. Les écrans s'allument mais plus aucune données de vent, de profondeur, de vitesse, de position... Et le pire du pire : No pilot. 😨
En un mot, c'est la M***EEE!!! 

D'habitude, nos messages sont plein d'enthousiasme. Mais là, on y perd notre latin. Tout est testé, démonté. De temps en temps, des infos réapparaissent pour s'évaporer à nouveau. 
- Mais, put*** Ça marchait hier !!! 

Un truc de fou à vous arracher les cheveux sur la tête. 
Il y a eu des orages assez forts dans la soirée et la nuit. Avons nous subi une quelconque interférence ? 
Bien sûr nous sommes vendredi. Bien que l'équipe Chemins d'Océans ait répondu immédiatement présent et ait tenté d'orienter notre diagnostic, nous voilà vendredi soir avec des afficheurs capricieux, un réseau perturbé mystérieusement, un pilote aux abonnés absents et une belle paire de boules. 
C'est quoi déjà la superstition : ne pas partir un vendredi. 
Nous n'oublierons ce vendredi 7 juillet. 

Donc, les San Blas attendront. À nous, la prise de tête dans les schémas, les passages de câbles et l'énigme électronique. 
Souhaitez nous bon courage, 
À bientôt 


2 juillet 2017

Panama Pratique : Les formalités d'entrée

Le Panama est un pays dont la législation a tendance à fluctuer.
La bonne nouvelle pour nous, c'est que le visa spécial ''arrivée par la mer'' d'une centaine de dollars par personne ainsi que les frais de ''visa sanitaire'' du même montant ont été supprimés depuis le début de cette année. Enfin un pays qui retire des charges aux plaisanciers de passage 👍. 

En tant qu' européens, nous avons donc droit à un visa de 6 mois gratuit. Seuls les renouvellements de 3 mois sont payants (100 dol/personne). 
Il faut tout de même bien choisir son bureau d'immigration. En effet, en arrivant par le sud, le bureau d'immigration de Porvenir chargerait 100 dollars pour le visa gratuit de 6 mois !!! Avec reçu bien sûr. Business is business... 😈

En complément des visas de l'équipage, il faut impérativement faire un permis de croisière d'un an pour le bateau. 
Nous avons choisi de faire nos formalités à Isla Grande, Linton Bay et de se poser quelques jours à quai. C'est pas si souvent. 
Point GPS :
9°36.830'N   79°34.786'W
http://maps.google.com/maps?q=9.61384%2C-79.57978



Une fois à Linton Bay, il y a de la place aux mouillages et une toute jeune marina s'installe avec un dock à dinghy nickel. 

Bureaux d'aujourd'hui... Et de demain 

Dock pour annexes et chantier à sec

Marina et un super lift tout beau tout neuf

Un bâtiment est en construction pour les bureaux, laverie et autre. Pour le moment, les autorités maritimes sont dans un container bleu sur le parking AMP Autoritad Marítima Panamá.



Moyennant 205 dollars US en espèces, ils délivrent en quelques minutes et avec le sourire le fameux permis de croisière pour un an. 
Il est important de commencer par ce permis car l'un des feuillets est nécessaire pour obtenir les visas. 

Le bureau d'immigration le plus proche est à Portobelo.
Point GPS 
09°33.217 N   079°39.378 W

La première option est d'y aller en bateau. C'est à une vingtaine de miles nautiques et le mouillage y est vaste et agréable. Nous avons bien apprécié le coin. Mais chuuuut... Ne le dites pas mais on y a passé le week-end en arrivant de Grand Cayman avant de venir faire nos papiers d'entrée en semaine à Linton Bay. On ne voulait pas risquer des frais d'overtime (heures supplémentaires) en se pointant un samedi. 

L'autre solution pour l'immigration est de laisser le bateau sur Linton Bay et de prendre le bus public qui passe devant la marina (ou les bus collectifs privés). 
Ces transports sont incontournables. C'est à faire !! 
Massage des lombaires garantis. Sans oublier l'ambiance sonore (surtout lorsque les chauffeurs mettent la musique) inoubliable !!! 

Et en plus ils sont beaux


Pour une poignée de dollars, vous vous retrouvez donc au bureau de Portobelo où l'agent peu locale mais efficace, nous a tamponné gratuitement nos passeports pour 6 mois. 

En attendant le bus retour, on peut même faire quelques courses, dont en particulier la carte sim movistar et ses recharges de Data (5 dollars pour 7 jours et 750 Mo) qui nous permet de vous écrire aujourd'hui.

Nous parlerons plus tard de l'avito, les ships, les marinas, le carburant ... Et bien sûr le transit par le canal. 
Tranquilo ... Nous sommes ici pour plusieurs mois. Nous aurons le temps de debrieffer. 
En attendant, nous nous sommes bien reposés dans cette paisible marina après ces 2 grosses navigations depuis le Belize. Nous nous sommes aussi bien occupés de Ti'Amaraa en profitant de l'eau et l'électricité à gogo de la marina. 

Tout est paré, Cap'tain ?
Yes 👍


À présent, le temps est venu de découvrir les mythiques San Blas sur lesquelles nous avons lu et rêvé pendant des années. 
À très bientôt pour nos images bleues. 


23 juin 2017

Notre transcaraïbe

Contrôle Contrôle ici vol Ti'Amaraa 06/2017 en provenance de Grand Cayman demandons autorisation d'atterrissage. 
Bonjour Ti'Amaraa ici Contrôle, bienvenus au Panama. 



Panama, quoi !!! Nous y voilà. Le fameux, le célèbre Panama. Le dernier sas avant un nouvel océan et de nouveaux horizons. 
Nous venons de traverser la mer des Caraïbes du nord vers le sud. 
595 nm soit environ 1200 km en 5 nuits et 4 journées.
Ajoutés aux 540 nm pour rejoindre les Caymans du Belize, c'est donc sur plus de 1100 nm (environ 2200km) que Ti'Amaraa nous a conduit en toute sécurité et sérénité ce mois ci. 

À près de 300 km des côtes, nous avons retrouvé ce doux sentiment connu en transatlantique d'être à peine moins isolés que si notre catamaran avait été perdu dans l’espace. 

Oupssss mais pas si vite, on rembobine, on remonte le temps. 

Nous vous avions laissé sur les îles Caymans. Cette escale qui devait être purement ''pratique'' sur notre route de redescente, c'est avérée être une belle surprise.
La conjoncture des planètes tricolores a d'abord voulu que nous soyons 5 bateaux gaulois à tenter l'escale au même moment. Cinq équipages aux programmes différents, des copains de copains, les discussions fusent, les soirées s'enchaînent. Les liens se font pour se redefaire quasi instantanément. Mais ce n'est pas ce qui compte en mer. La convivialité et la sincérité des rencontres ne se sont pas encadrés par les principes sociaux et le facteur temps n'a pas de prise. Agriculteurs, employés, PDG, ingénieurs, artisans ... Nous sommes tous des voyageurs qui partageons cette même passion pour la découverte et la liberté au fil de l'eau. Cela suffit à effacer tous les codes.
À la revoyure les gaulois !!
Merci à l'équipage d'Aldebaran pour ces jolis clichés vus du ciel. 👍




Aussi à notre grand bonheur, nous y avons découvert des sites de plongées à accès libres et gratuits. Tous équipés de bouées pour laisser son annexe. Le gouvernement a mis en place le programme Dive365, un site différent tous les jours disponible. Respect !!!!
Nous nous sommes donc shootés aux bulles dans la multitude, la diversité et la beauté des spots de plongée. Nous aurions pu rester des semaines mais la saison des pluies est entamée. Nous ne souhaitons pas prendre de risque.
Pour vous, deux petits clips pour vous faire partager ce qui restera parmi nos plus belles plongées Caraïbes.


Liens vers les vidéos :
https://vimeo.com/221086548
https://vimeo.com/220723337

Nous n'avons toutefois pas perdu de vue le but premier à savoir garder un œil sur la météo (la saison cyclonique ayant officiellement commencé le 1er juin), se reposer un peu, refaire le stock des frigos et le plein de gasoil car notre navigation au près depuis le Belize à grignoter notre capital Gasoil. 
L'escale à St Georges Town répondra à toutes nos attentes. 
Afin de préserver les fonds, des bouées sont à disposition gratuitement (!) des plaisanciers sans option de durée ni aucune condition. Sans oublier le personnel du port qui vient régulièrement plonger sur le corps mort pour vérifier que vous êtes en sécurité. Si c'est pas du service 👍
De même, les formalités d'entrée et de sortie sont totalement gratuites et assurées par des agents tous aussi souriants que serviables. Dès votre arrivée via la vhf 16, ils vous orientent, vous expliquent la procédure, s'adaptent à votre cas. En l'occurrence lorsque nous sommes arrivés de nuit, un intervenant du Port security, nous a assisté sur le 16 nous donnant le point GPS d'une bouée disponible et s'assurant jusqu'à la fin de la manœuvre que nous soyons bien installés avant de nous souhaiter une bonne nuit et de nous donner rdv le lendemain par vhf vers 8h30 pour les formalités. Cela faisait des mois que l'on n'avait pas vu ça !! 
Merci aux capitaines de Aldebaran et de Dugong qui n'ont pas hésité à sauter dans leur annexe à 22h30 pour nous aider à attraper la bouée. Quel accueil ! 

Seul petit bémol, la houle traversière qui balaye certains jours ventés le mouillage. Nous y avons remédié en ficelant Ti'Amaraa latéralement sur la bouée. Nickel ! 



Le quai municipal à un saut d'annexe permet de laisser notre dinghy en sécurité le temps de faire les courses et jeter les poubelles dans le grand supermarché à moins de 5mn à pied. 
Tels les visiteurs d'une autre époque après des mois de supérettes nous nous retrouvons transportés dans une autre dimension, un autre temps...dans des rayons à l'européenne achalandés à profusion. On y retrouve tout... Bon à tous prix, il faut rester vigilants sinon le budget mensuel peut fondre en un caddie. Paradoxalement, certains articles sont abordables. Et en bons franchouillards, on a donc craqué sur du fromage, de la charcuterie et du chocolat !!! Ça fait du bien aux papilles et l'on ne s'est pas fait mal au porte monnaie en plus. 



À terre, nous réalisons que nous sommes bien sur un bout d'Angleterre avec les standards consuméristes américains. Les grandes enseignes de restauration rapides se disputent le front de mer avec les grands groupes hôteliers aux installations pharaoniques.
Sur les routes, on oublie les tuc-tuc du Rio Dulce ou les golfettes du Belize, on se fait une mise à jour des derniers modèles de cabriolets allemands, de gros 4x4 américains ou encore de pick up chromés survitaminés. 
Dans la catégorie démesure, pour suivre la météo cyclonique et attraper la première fenêtre vers le sud, nous avons investi dans une carte 4G locale (Digicel). De son plus beau sourire, le charmant vendeur nous a vendu, installé et configuré l'objet de notre désir. Il nous aura fallu toutefois lui faire répéter deux fois le prix et la capacité de notre forfait prépayé 7 jours. 
How much? 
6 $US - 100 Go
One hundred?!?... Cent gigas!!!
Mais on va faire une overdose de données, c'est qu'on n'a pas l'habitude mon pov' Môsieur 😂.
C'était une belle promo de 35$Cayman réduit à 5$Cayman. 
Ça se passe comme ça chez eux. Même sur les soldes il n'y a pas de demi mesure. 
Certainement pour satisfaire aussi leur clientèle touristique régulière. 



C'est ainsi qu'au matin du 12 juin lors de notre petit déjeuner/revue de presse/météo/mise à jour à donf de nos applis 😉, nous avons vu une jolie ouverture se dessiner sur notre route. Tant pis pour les plongées prévues sur le récif Nord, tant pis pour l'exploration du lagon, désolés les copains... On y go !!! 

Enfin presque, stop carburant. En duty free s'il vous plaît (un peu moins de 0.80€ le litre). Parfait pour notre complément. 
Bon effectivement, ce n'est pas dimensionné pour les plaisanciers 😨😜

Youhouuuuu on est là... C'est pour le plein 



Coffres, frigos, mirettes et cœurs remplis, nous nous sommes alignés sur la piste d'envol vers le sud. 
Les 2 premiers jours (et nuit !) , le vent et la houle de travers nous ont souhaité la bienvenue en testant nos équilibres et nos estomacs. 
OK ça passe. 
Notre patience a été aussi mise à rude épreuve pendant les 400 premiers miles par les 3 nds de courant contraire flinguant notre moyenne associée à des barrages de pluie et de vent faisant chuter notre vitesse à moins de 2 nds par moment. 
Pas grave. Ça va l'faire. 

C'est bien la pluie les zones violettes 😥

Soleil levant.. Nuages présents 

Pluie droit devant


Alors, on va tester vos émotions... 
Car cette route nous a ramené à longer le Honduras et le Nicaragua, nous avons doublé la distance nous séparant de la côte par rapport à l'aller. Ti'Amaraa file au large à plus de 150nm (300 km) de la côte dans 2m de creux, 25 nds de vent de travers donc de face pour qui viendrait de terre. Même si tous les indicateurs sont au vert, les cœurs sont serrés. Les souvenirs s'invitent avant de définitivement finir engloutis dans notre sillage sur ce bout de planète qui nous aura appris encore une fois la résilience. 

Miles après miles, le vent se calme, la fréquence des grains diminue, le courant nous abandonne, la mer des Caraïbes se transforme en lac pour la fin de la route. 



Il est 4 h du matin dernier quart dernier nuit. Le ciel rechigne à s’éclaircir peu importe. Les derniers nuages sans vent prennent soin de finir de rincer le pont tels des naïades sur leurs vaisseaux cotonneux déversant l'eau douce régénératrice sur notre vaillant catamaran.
Nous l'avons fait. Nous y sommes.
Les sentiments sont diffus. Soulagés d'abord d'être sortis de la zone de tous les risques, heureux surtout de notre capacité à avaler les miles, à effectuer ensemble les manœuvres, à vivre... À voyager sur notre Ti'Amaraa. 
Une nouvelle aventure Pacifique nous attend dans quelques mois, en attendant à nous les célèbres îles des San Blas et les mouillages de la côte Caraïbe du Panama.