12 juin 2019

Mais où étions nous passés ?

Les dernières lignes du post précédant annonçaient un départ pour l'atoll de Rangiroa. Aujourd'hui, c'est des rives d'un lac naturel bordé de verdure que nous vous écrivons.


Non, nous n'avons pas établi nos quartiers d'été dans un chalet de montagne.
Oui, nous allons bien et sommes toujours en Polynésie à bord de Ti'Amaraa.
Pardon, pour ces semaines de silence sur le blog.
Mais alors ?? Qu'avez vous fait ??
De la plongée à Rangiroa avec requins et dauphins,
Des retrouvailles avec des copains de bateaux,
Des navigations à la cool,
De nouvelles rencontres terrestres,
Des nouvelles créations en perles de Tahiti,
Et on en passe...

Les premières enveloppes sont en chemin
Boucles d'oreilles, pendentifs... À qui le tour ? 

Bref, un heureux cocktail multi activités et multi îles jusqu'à nous retrouver aujourd'hui à Tahiti à arpenter la face verte du célèbre caillou.
Nous avons tout d'abord profiter de cette escale à Papeete pour remettre à jour notre to do list et to buy list. Ti'Amaraa a, une fois de plus, été gâté. Nous avons décidé de l'équiper d'un 4ème panneau solaire et de changer en préventif notre parc batterie (âgé de 5 ans). Associé à une foultitude de menus travaux et nettoyages bien mérités après plus de 6 mois de cabotage, les jours sont devenus des minutes et les semaines des heures.


La caisse à outils à peine rangée, nous avons ensuite embrayé sur le 49ème salon des arts marquisiens.


Deux fois par an à Papeete est organisé 2 semaines d'exposition des œuvres des artistes des 6 îles des Marquises.
Comment ne pas venir aider ces familles qui nous ont reçu avec une telle générosité, une telle humilité et de tels sourires !!
Nous avons donc enfilé nos vieux costumes de commerciaux. Le dress code tongs et vêtements fleuris ainsi que l'ambiance ukulélé ont définitivement chassés nos souvenirs grisâtres d'exposants au salon du Bourget.

Place à la présentation de leurs pièces uniques. Bois, os, rostre d'espadon, coco. Toutes les matières savamment associées et sculptées pour un rendu artistique de très haut niveau.






Le village d'Hapatoni est réputé pour son savoir faire. Les visiteurs, les professionnels des galeries d'art et autres magasins de souvenirs ne s'y trompent pas. Nous sommes heureux de les relayer tout au long de ces journées. Contents de mettre nos connaissances commerciales au service de belles personnes qui vivent de leur artisanat ancestral et qui le perdurent de générations en générations.
Le plus jeune artiste représenté n'a que 17 ans !!

Dent de cachalot sculptée 


Alors lorsqu'un journaliste de radio Polynésie 1ère, intrigué par nos activités sur les stands de Tahuata, vient nous proposer une interview en live, nous acceptons de bon cœur. Nos amis sont des artistes formidables mais ne sont pas forcément à l'aise pour certains avec la communication en langue française et ses codes. C'est ainsi que nous avons été diffusés à une heure de grande écoute dans toute la Polynésie française. Décidément, ça mène vraiment à tout ce voyage.
Un petit lien vers une vidéo créée par le comité du tourisme de l'île de Tahuata :
Cliquez
ou
https://www.facebook.com/1734072333576211/posts/2288606564789449/



Et voilà comment les jours et les semaines se sont enchaînés ne nous laissant pas le temps, ni l'énergie d'ailleurs, d'écrire.
Le salon a fermé ses portes au grand plaisir de nos orteils.


La to do list de Ti'Amaraa est réinitialisée en mode page blanche.
Nous allons jouer, jusqu'à la fin du mois, les touristes sur Tahiti, que nous n'avions pas eu l'occasion d'explorer l'année dernière.
Avant de nouvelles navigations et aventures...
À bientôt






20 mai 2019

Retour sur images

Nous voilà de retour sur Papeete.


Après une escale plongée à Rangiroa, nous sommes arrêtés au stand '' à la ville '' pour l'entretien de notre valeureux Ti'Amaraa.
Le temps de changer un peu d'huile, des pièces d'usure et le reste.... dont on reparlera ultérieurement
En attendant, on vous partage un bout de ces 4 mois magiques que nous avons vécu aux Marquises.
Loin des circuits touristiques, loin des ondes internet, nous avons vécu une vie vraie avec des gens vrais, beaux et attachants.
Les Marquises, une autre Polynésie, une autre France.
Les Marquises en images
En cliquant  
Ou en copiant collant le lien https://vimeo.com/337199174

6 mai 2019

Carnet d'escale à Ahé




Dimanche matin 5h30, nous sommes arrivés la veille de 4 jours de navigation depuis les Marquises. Nous dormons du sommeil du juste itinérant qui n'a plus de quarts à faire lorsque des puissants coups de corne de brume nous font littéralement bondir du lit.
Un bateau ravitailleur, poétiquement appelé goélette en souvenir de celles qui faisaient le job dans les années 50/60, est en approche du village et le fait savoir. 
Nous savons que nous sommes mouillés suffisamment loin du quai pour ne pas gêner mais les paupières refusent de se refermer, certainement influencées par la curiosité de découvrir cette nouvelle escale. Debouuuut.
Nous dégustons nos tartines avec le déchargement des bidons de carburant pour spectacle. Glamour 😉


Pour sûr, vous ne vous attendiez pas à un tel démarrage pour vous conter Ahé, le fameux atoll où Bernard Moitessier a élu domicile dans les années 70.
Et pourtant, c'est ça aussi la vie dans un atoll polynésien.
C'est aussi la passe d'entrée et ses humeurs qu'il faut apprendre à domestiquer atoll par atoll. Parce que bien sûr, la règle ne s'applique pas forcément partout de la même manière. Nous en sommes à notre 7ème atoll des Tuamotus. Jamais nous n'aurons la prétention de dire que l'on a tout compris... Surtout lorsque justement il n'y a souvent rien à comprendre.

Anecdotes mises à part, si vous aimez le bleu et les lagons paisibles  c'est bien dans les Tuamotus qu'il faut venir regarder le temps passer au gré des nuances d'azur offertes par un environnement en perpétuelle colorisation.

Pourquoi Ahé ?
L'aura de Bernard Moitessier a titillé notre curiosité. Où est donc ce motu où il vécut en autonomie pendant 3 ans ?
Poro Poro, doux nom pour l'îlot refuge de cette famille.
Ti'Amaraa est mouillé pile en face 



« Un atoll, on aime jusqu’au fond des tripes, ou bien on n’aime pas»
C’est ainsi que Moitessier décrit sa vie à Ahe.

On comprend qu'il ait choisi cette endroit avec son regard de navigateur. En effet, le mouillage où nous sommes est un véritable trou de souris protégé par les motus et leurs coiffes de cocotiers. Nous ne sommes d'ailleurs pas là non plus par hasard. Un coup de vent de sud-est à 30/35 nds étant annoncé à notre arrivée, il nous fallait THE recoin tranquille.
C'est la bonne adresse.
Nous étalerons ce saut d'humeur d'Eole sans l'ombre d'un début d'un clapot. 

À terre, le village aux allures de cartes postales est coquet et d'une propreté irréprochable.


L'accueil des paumotus est souriant mais nettement moins curieux que dans les îles isolées des Marquises.
À Ahé, le tourisme drainé par l'aéroport, les fermes perlières, les voiliers attirés par le mythe Moitessier, font défiler du monde dans les ruelles baignées de soleil. Il est normal que les habitants ne se ruent pas sur chaque nouveau visage.
Se balader sur les traces du navigateur émérite est troublant bien qu'il ne reste plus grand chose de son passage.
Pour celui qui a lu ses œuvres, on reconnaîtra le hao (fausse passe) qu'il traversait à pieds pour rejoindre le village ou encore les aitos (arbre de fer) qu'il a fait venir par la goélette, pour planter une barrière anti-vent.
Disparue sa maison de bois et de tresse, le potager, l'installation de recyclage de ses déchets, les chats. Quarante années ont passé depuis son départ. La vie et l'expansion économique ont fait leurs œuvres.
Aujourd'hui, le motu est privé. Une grande maison en dur a été construite ainsi qu'une ferme perlière sans activité voire à l'abandon... No comment. 

N'allez pas croire que l'escale n'est pas agréable. Nous ne nous lasserons jamais de partager chaque jour une telle piscine préservée avec requins, coraux et autres poissons arc-en-ciel. 

Après les baies montagneuses et verdoyantes des Marquises, les atolls des Tuamotus sont vraiment l'archétype des lagons turquoises et belles plages de sable blanc. Tout le charme de la Polynésie française réside justement dans la variété des paysages, des arts de vivre et des activités locales. 

Côté pratique, on trouve au village deux supérettes, un coin poubelles et une mairie avec des employés charmants qui confient aux bateaux de passage le mot de passe du WiFi ''en cas de besoin''. 

Nous retiendrons aussi de cette semaine une ambiance conviviale et solidaire au mouillage. Nous ne nous connaissions pas. Il aura suffit de quelques jours, quelques rafales et un peu de pluie pour tisser des liens intercoques. 
Merci Tangara pour les savoureux chaussons aux bananes de Tahuata livrés à bord par une après midi grise. Comme dirait Manoa : Encore 😉
Merci Vahini pour votre expérience partagée. Plus de 20 ans sur l'eau !!! Respect

La météo perturbée et notre timing serré ne nous ont pas permis de découvrir les autres motus comme nous l'aurions voulu. 
Encore une destination à remettre dans notre liste des ''à refaire''.

À présent vent et houle sont apaisés, cap sur l'un des plus grand atoll des Tuamotus, Rangiroa. 


27 avril 2019

A pae

Quatre petites lettres qui en marquisien signifient aurevoir.
L'envie d'aller gagne toujours le combat face aux sentiments d'attachement. Cependant, ici à Tahuata, plus qu'ailleurs, la philosophie de Ti'Amaraa a pris encore plus de sens. Celui de l'échange, de l'accueil, de la générosité, de l'entraide et des sourires.

 À terre, à bord, nous avons dégusté chaque tranche du beau gâteau de vies partagées, conscients de la valeur intrinsèque des relations humaines sans artifices.

Les Marquises, de ces escales qui font que l'on ne cantonne pas la vision de notre voyage à des jeux de miroir avec l'extérieur. Au Fenua Enata, on vit en vrai avec des gens vrais.
Alors, lorsque l'heure de ''a pae" sonne, les cous recouverts de colliers de départ, les regards vont à terre pour éviter de peser ce qui pèse déjà.


En ce lundi de Pâques, le petit village qui se déploye autour de la baie en forme de cœur, un peu à la manière d'un amphithéâtre se réveille d'un week-end festif.
Deux journées spéciales et inoubliables aux côtés de nos amis.








Les strates de maisons colorées étincelent. Ti'Amaraa, les coques pleines de fruits, de cadeaux et de souvenirs, longe solennellement le front de mer.
Sur l'allée de la reine, des silhouettes se dessinent. Des bras s'agitent pour saluer notre départ. Les enfants crient nos noms et celui du bateau.
Le silence se fait sur le pont.
Nous n'avons plus les mots.
La corne de brume fend l'air comme pour leur crier encore une fois nos remerciements, notre gratitude et notre attachement à ce bout de terre et à ces habitants aux cœurs surdimensionnés.

Que la joie demeure dans ces foyers, celle porteuse de cette force qui augmente la puissance d'exister !!

Près du poste de barre, assis à côte à côte , nous tentons de nous enivrer des promesses de l'air du large, en nous abîmant tout entier dans la contemplation du plan d'eau qui scintille sous l'effet du soleil et de nos yeux humides.
Il est temps de reprendre le fil de notre boucle polynésienne, se retrouver en tête à tête avec le ciel, la mer et le vent.
Tour, boucle, huit, zig zag, Ti'Amaraa va continuer de tracer des arabesques sur la carte de ces archipels envoûtants.
Chères Marquises, chers amis de Tahuata, Nuku Hiva et Ua Pou, nous reviendrons avant même que cette année ne finisse.
A Pae,