7 janvier 2020

Par-fête Année

Par-fête Année

C'est une habitude dans notre team flottante. On ne se souhaite pas une bonne mais une parfaite année. N'est ce pas les normands ??...
Cette coutume a déteint chez nos amis marquisiens. Seule l'orthographe a été revisitée pour l'occasion par nos soins.

Invités à les accompagner à leur '' picnik'' de Bonne Année, nous avons littéralement changé d'espace temps.
À moins que ce ne soit un trou noir...
Plutôt un petit trou blanc secret.
Une baie isolée, déserte. Pas de cartographie... Et pourtant, une jolie anse bordée d'une magnifique plage de sable blanc sans moustiques ni nonos où nous avons pu y nicher nos bateaux et celebrer ces premiers jours de 2020 les pieds dans le sable.

Une planète plage où l'on tresse des palmes de cocotiers en guise de nappe pendant que le groupe électrogène charge les enceintes Party Box JBL qui nous ferons danser toute la/les nuits.

Un no man's land où les hommes pêchent le poisson frais pour midi pendant que les filles cuisinent sur le double réchaud à gaz les accompagnements et même les desserts.
Faire des beignets Firi Firi on the beach by night pour le petit déjeuner d'une team de joyeux lurons affamés... Done ✅

Une galaxie où la livraison d'eau, de vivres, du campement... etc etc... se fait par la mer. Jamais nous n'avions vu Ti'Amaraa et notre annexe avec autant de sable, de tout partout et on s'en fout 😉

Un satellite de la Terre où l'homo-célébratus s'hydrate de boissons aromatisées au houblon décorées de Tiki et de Vahinés.

Une grande récréation où toutes les générations jouent dans les vagues accompagnés des requins et des raies mantas.

Une langue de sable bordées d'arbres généreux en cocos et aux espacements optimisés pour installer nos hamacs à l'heure des siestes réparatrices bercés par le ressac, le son des ukulélés et des belles voix amicales.

Un espace spatio-temporel où les jours ne devaient pas faire 24 heures. Sinon comment aurions nous pu emmaganiser autant de souvenirs : faire des pâtés de sable avec les petits, se rouler dans les vagues avec les ados, jouer au beachsoccer et danser avec les jeunes, cuisiner avec les expert(e)s, rester assis dans le sable à contempler entre amis sans un mot le soleil voyageant vers d'autres lendemains, compter les étoiles du ciel ouvert ?

Cinq jours de chants, danses, repas partagés, éclats de rire, baignades dans une ambiance sereine sous l'œil et l'organisation implacable des plus anciens. Les lieux gardent à jamais le souvenir des personnes.

Nous nous sentons vraiment privilégiés d'avoir été invités par nos amis marquisiens à partager cette fête de famille. Un énorme Merci à vous tous pour ces moments à jamais gravés sur le fil de notre Amitié.

Cinq jours et nuits loin du monde et des ondes à célébrer justement le temps qui nous a échappé et que nous nous plaisons à ne pas chercher à rattraper.

Par-fête Année !!!!

26 décembre 2019

La fête avant les fêtes

Décembre, c'est Noël, les fêtes de fin d'année... Pas uniquement...

Une fois tous les deux ans, début décembre, les îles des Marquises organisent un festival: Le Matava'a. En traduction littérale, Matava'a signifie veiller, réveiller.

C'est avant tout considéré comme un réveil culturel depuis sa création en 1987. La circulation des savoirs et des cultures.
L'objectif principal est la transmission à la jeunesse de cette
belle culture qui a su dompter l'histoire.

Rdv des passionnés, ces 4 jours d'ambiance festive et de convivialité attirent aussi des foules de touristes.

Art culinaire, chants, musiques, danses, tatouages, massages traditionnels... Un accès à la culture dans un écrin naturel et préservé.

Un thème est défini pour chaque festival. Cette année, accueillies par l'île de Ua Pou, les délégations de chacune des 6 îles avaient pour mission de mettre en avant la protection et la préservation environnement, ce qui unit les hommes à leur environnement

Chaque île a traduit à sa manière cette problématique. De la diminution de la biodiversité, à l'ennemi '' Plastique'', le message est clair même sur ces petits cailloux bien loin des mégapoles frénétiques et polluantes.

Qu'il est difficile de retranscrire la force des vibrations de la culture marquisienne. Danseurs et chanteurs nous ont transporté.
Les frissons nous parcourent encore l'échine en nous replongeant dans nos souvenirs.
Nous avons d'ailleurs tellement vécu ces journées de l'intérieur et avec une telle puissance de l'instant présent à savourer que nous en avons oublié de faire des photos.
Celles qui accompagnent ce texte sont empruntées aux pages Facebook de Polynésie 1ère, Photos Marquises et autres pages d'amis. Merci à eux d'avoir réussi à immortaliser ces instants magiques.

À présent, les artistes ont retrouvé le calme de leurs vallées et s'apprêtent à célébrer Noël. Une fois de plus, sans grand barbu, ni cadeaux à profusion. Les décorations de l'église sont 100% naturelles. L'authenticité est privilégiée. Comme au festival, petits et grands sont impliqués
Ainsi va la vie aux Marquises.


Pour les plus curieux, voici quelques liens vidéos sur le Matava'a

https://www.facebook.com/100000280513561/posts/2849894665029856/

https://www.facebook.com/100022970625576/posts/597525474356468/

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2380256778952495&id=1890453474599497

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10157220421534531&id=248187279530

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1068048023393247&id=248187279530

https://www.facebook.com/100022197436937/posts/589967145086528/


https://www.facebook.com/248187279530/posts/10157221071034531/

8 décembre 2019

Sentiments océaniques

De retour aux Marquises pour notre plus grand bonheur.

L'année dernière, nous étions arrivés plein d'incertitudes et de méfiance. Radio ponton ayant comme à son habitude transformé la réalité en nous promettant des mouillages rouleurs et invivables sans oublier des descentes à terre houleuses et périlleuses.

Alors certes, la vie nautique aux Marquises est différente de celle aux Tuamotu par exemple mais elle n'en est pas moins riche.

Lors de notre dernier passage, nous devions d'ailleurs rester quelques semaines... Et au final, nous sommes partis, le cœur lourd, après 4 mois !!

Alors cette année, on a anticipé. Nous sommes arrivés un mois plus tôt. Quand repartirons nous ???
Pour le moment, il n'est d'ailleurs nullement question de parler de la date du départ tant nous profitons du plaisir des retrouvailles.

Retrouver notre route.
Cette traversée depuis Raroia, Tuamotu. Quatre jours de près. Nous nous étions mieux préparés. Eole a été un peu plus de la partie, la fée des grains en RTT. Un combiné qui nous a permis de passer dans des conditions plus ''confortables'' que l'année dernière. 👍

Retrouver l'énergie de cette terre.
Les lignes de crêtes que l'on devine à l'horizon, le vert luxuriant des vallées, les odeurs de fleurs et de terre. Le comité d'accueil du Fenua Enata n'a d'égal que le bonheur que l'on prend à sa contemplation.
Toute l'énergie remonte par capillarité dès que l'on reprend contact avec le sol.
Après ces jours d'univers mouvant, nous ressentons encore plus toute la force et la stabilité de cette terre.
Ce n'est pas par hasard si nous avons atterri sur l'île de Tahuata. Notre repère préféré. Un concentré d'authenticité, de liberté, de belles âmes et de beauté naturelle.

Retrouver l'essentiel
Comme ils sont loin les politiques zélés de Papeete, Moorea ou Bora qui se plaisent à créer des réglementations à grands coups d'interdits pour les voiliers ''migrants''.
Comme elles sont loin ces boutiques et autres étalages remplis de superflus qui vous promettent le bonheur par le consumérisme.
Quel paradoxe de se sentir aussi en symbiose avec les Hommes et la Nature sur des cailloux si loin de tout, perdus en plein Pacifique.

C'est l'un des petits plaisirs égoïstes que l'on peut s'offrir quand on est si isolés du "Monde" sur l'eau ⛵ ou lorsqu'on habite une vallée reculée.
Ne dépendre de rien.
Vivre sans entrave en assumant les risques que l'on prend. C'est cette prise de responsabilité qui rend les hommes libres et profondément vivants.
Être pleinement acteur de sa vie. Sinon, à quoi sert l'existence ?

Retrouver les amis
Comment décrire la joie de retrouver les mêmes visages souriants inchangés.
On reprend l'histoire là où on l'avait mise sur pause en avril dernier.
Le tourbillon Hapatoni (cf article en février) est reparti.
De la sortie des classes, au soin des bœufs et chevaux, en passant par la cueillette des fruits de saison et les baignades sur Ti'Amaraa, ainsi va la vie aux Marquises... Nous allons y rythmer la notre pour quelques mois.

Romain Rolland, un écrivain français de la première moitié du XXe siècle, a trouvé la belle expression de « sentiment océanique » pour décrire ce sentiment d'unité avec l'univers, avec — pour reprendre ses propres termes — « ce qui est plus grand que soi ».
Ce brave homme a certainement dû
venir ici.

20 novembre 2019

C'est quoi un grain ?

Aaah notre belle langue française.

Grain, fruit et semence des céréales contenu dans l'épi
Par analogie, petit objet de la taille d'une graine.
Et même au sens figuré, très petite quantité de quelque-chose.

Pas de doute, nous sommes bien dans l'univers du petit, du détail. On flirte avec la délicatesse lorsqu'il est question des petites aspérités à la surface de certaines étoffes et cuirs. On touche même à la poésie avec nos belles expressions dérivées : un grain de beauté ou de folie ? Vous préférez veiller au grain ou avoir du grain à moudre ?

Il suffit en revanche de passer dans le langage nautique et celui de la météo marine pour casser l'ambiance : vent violent et de peu de durée qui s'élève soudainement et qui est généralement accompagné de précipitations
Synonymes orage, squall, tempête
Tout un programme.
Fini le grain pour les canaris, on passe à la catégorie supérieure qui ne contenterait même pas une autruche.

Serait ce le revers de la médaille à vivre au paradis ? Un peu comme si la fée Nature n'était pas dans ses grands jours. Peut-être a t'elle reçu sa déclaration d'impôts, a eu un pv avec son carrosse, ses gosses l'ont fait tourner en bourrique, son boss a annulé ses congés ... Bref, une fée de mauvais poil.
Et bien oui, désolés de casser le mythe mais les fées aussi ont des emm.....

Lors de notre dernière nav Rangiroa /Raroia (300 nm environ 600km), comme elle ne devait pas dormir, elle a décidé que les Tuamotu non plus.
Plus au sud de notre route, nous observons sur les atolls un festival son et lumières. Les orages grondent. Pour avoir déjà vécu un foudroiement au Panama, on n'aime pas bien ces bêtes là. D'après nos fichiers météos, on devrait y échapper pour ces 3 jours de nav.
Si nous nous sommes tenus à bonne portée de ces ondes électromagnétiques, il fallait bien qu'on se prenne des fameux grains.
Nous n'en avons eu que deux et nous n'avons pas été déçus.
By night. Plus d'une heure de vent rafaleux à 40 nœuds, de la pluie battante qui tombe à l'horizontale et une mer transformée en piste du Paris Dakar. Le génois est réduit. Il ne reste plus qu'à attendre bien au sec dans notre cockpit.
Il faudra attendre encore une bonne heure après pour retrouver nos conditions normales de vent et de houle.
Oufff. Bon, c'est bon on va attaquer les quarts et se reposer un peu.
Que nenni !!!
Et un p'tit deuxième, c'est la fée insomniaque qui régale.

Pour sûr, Ti'Amaraa a été bien rincé. Un Karcher n'aurait pas fait meilleur travail.
Aaah notre belle langue française. Tu nous la copieras la définition des jolis grains de blé des soirs d'été.

Il ne nous reste à présent plus que 400 nm (800km) pour rejoindre les Marquises. Aux dernières nouvelles la fée a obtenu son augmentation... On devrait être tranquille côté grain.
En revanche, c'est quatre jours de prés qui nous attendent.
Les initiés voileux comprendront.
Pour les autres, autant vous dire qu'encore une fois un joli mot cache des conditions de navigation pas des plus agréables. Nous serons bien loin de l'image bucolique des prés verdoyants clairsemés de pâquerettes. Nos collines seront d'eau de mer et seule l'écume ajoutera les touches blanches à notre horizon mobile.

Aaah notre belle langue française.