16 août 2018

Le maillon faible


Nous venons tout juste de comprendre le sens purement littéral du titre du célèbre jeu télévisé.


Depuis avril 2014 que Ti'Amaraa nous a été livré, nous voguons d'escales en escales en privilégiant au maximum les nuits au mouillage. Par goût de notre liberté de choix de décor et de voisinage mais aussi par nécessité financière. Les places pour catamaran même de 39 pieds sont souvent à plus de 40 euros la nuit. Totalement hors budget pour nous. 

Notre ensemble ''guindeau/chaîne/ancre'' est donc régulièrement sollicité. Profitons de cette expérience (qui finit bien pour nous) pour faire un retour  sur ce sujet. 

Lors de la commande du bateau nous avions fait modifier la ligne de mouillage en augmentant le poids de l'ancre à 32 kg et la longueur de la chaîne à 100 mètres. 
Nous ne regrettons pas d'avoir choisi de booster notre ancre. Elle a fait le job par tous temps. 

Côté guindeau, nous sommes partagé. Le modèle Quick de série installé par Lagoon en usine nous a donné des sueurs froides il y a un an, quelques semaines avant notre foudroiement au Panamá. Il est vrai qu'avec Murphy dans les pattes, nous n'avions pas eu le temps de debrieffer sur ce point. 
Le bureau d'étude de Quick a eu l'ingénieuse idée de prévoir la fixation entre le moteur et la poupée/barbotin via des goujons inox... dans un bloc en fonderie aluminium. 
Associé à l'eau de mer, miam... Quel beau mélange..
Bye bye les fixations. Et un moteur électrique en fond de baille à mouillage, un !! 
La tentative de reprise du taraudage nous a permis d'être dépanné temporairement. Une solution plus fiable a été cogitée par le Cap. 
Résultat : Après perçage de la platine sous le barbotin et fixation via des boulons traversant et écrous Nylstop, le guindeau refonctionne à merveille depuis plus d'un an. 

Il nous restait un dernier tracas : les 100 m de chaîne. 
4 ans de trempette... 4 ans de corrosion lentement accumulée sur les maillons. 
À Panamá, la chaîne de 10 mm en stock n'existe pas. Il faut la commander avec toute la logistique qui s'en suit. Nous avions aussi l'option de la faire rezinguer à chaud. Cependant à 500 dollars l'opération, on frôlait le prix d'une neuve. 
Nous avons alors  décidé d'attendre Tahiti et de retourner notre chaîne en attendant. 
En effet, nous n'avons jamais utilisé plus de 60 à 70 m de chaîne. 
La plupart du temps, nous mouillons une quarantaine de mètres.
Depuis 4 ans, nous avons donc quasiment la moitié de notre longueur de chaîne qui dort en fond de cale. 
Impeccable... On la retourne et c'est reparti pour un tour. 

Nous avons une confiance totale en notre mouillage. Totale ne signifie pour autant pas aveugle. Comme dit le capitaine :
La confiance n'exclut pas le contrôle. 😉

Bien lui en a pris cette après midi de juillet, après notre installation dans un mouillage coquin de Tahaa.
Définition de ''coquin'': un trou de souris avec suffisamment d'eau y compris au dessus des patates de corail mais cerné par d'autres aiguisées et avides de gel coat. 
À sa grande (et très mauvaise ! ) surprise, l'un de nos maillons immergé avait lâché à la soudure et s'était ouvert sous la contrainte suffisamment pour menacer de désolidariser la chaîne. 
Gloupssss...
Houston, on a un problème.


Heureusement, nous avions à bord un maillon de liaison de secours. Loin de garantir la tenue d'une chaîne normale, il a tout de même été le bienvenu pour finir notre boucle dans les îles sous le vent.

Notre aventure est un non-événement grâce à l'identification du maillon faible et la mise immédiate en sécurité de notre bateau. 
Mais que ce serait-il passé si le Cap n'avait pas chaussé palmes et masques ? 
Pourquoi ce maillon a t' il cédé ? 
À contre coup, ça fait froid dans le dos...
On imagine aisément le scénario catastrophe, de nuit ou pire en notre absence en journée.... Bye bye Ti'Amaraa. 😨😱😰
Nous en avons d'ailleurs parlé avec le fournisseur à Papeete. 
À la vue de notre maillon, son diagnostic est sans appel. Chaîne de M.... E. Il a eu de nombreux cas à l'époque où il travaillait avec certains fabricants dont nous tairons les noms. 
Comme il nous l'a demontré, même avec plus de 6 tonnes de traction en direct sur les maillons, ils se déforment mais ne cassent pas. Nos maillons ne sont pas déformés. Nous n'avons jamais tiré à outrance sur notre ligne de mouillage. Nous avons eu tout simplement le cas d'un problème de soudure sur un maillon. Un défaut invisible mais sournois. 
Les quatre années en fond de cale n'ont certainement pas arrangé la faiblesse de cette soudure. Le maillon bien que neuf en théorie a été en contact avec l'eau saumâtre et n'a à priori pas aimé... Sauf que nous ne l'avions pas anticipé...
Ceci dit une soudure qui craque net, ça reste anormal !! 
Bref, l'incident, pour nous, est clos. Notre nouvelle chaîne brille. 
Notes pour plus tard :
- vérifier régulièrement les maillons
- changer la chaîne en préventif  

Mille mercis à notre ami Jef qui s'est démené à Papeete pour nous faire réserver notre chaîne neuve le temps de notre retour vers Tahiti. 
Michel, Tahiti Yacht Accessoires, a aussi été d'un conseil et d'une aide précieuse. Un vrai pro avec en supplément le charme d'un charisme à découvrir.👍

Fort de cette expérience et de nos années de mouillage, nous repartons avec une chaîne galva mais 70 mètres uniquement.
Plus envie de faire macérer des maillons et de transporter de la chaîne pour rien.

Entre les perles de Tahiti et la chaînette de 10mm, le choix s'est imposé. Il est gâté ce Ti'Amaraa 😂 



Épilogue :
Pour récupérer notre nouvelle chaîne, nous avons dû nous approcher de la célèbre marina de Taina proche de Papeete. THE marina de Tahiti. 
Le cerbère à l'accueil vous met immédiatement dans l'ambiance. On hésite pour son petit nom entre Sœur Sourire et Madame NON.
Non pas de place dispo à quai
Non pas de réservation pour le quai technique gratuit une heure (en face de Tahiti Yacht Accessories .. Idéal pour récupérer notre chaîne) 
Bref, débrouillez vous.... 
- Ah au fait pour le quai technique, appelez demain sur le 09 ce sera à la queue leuleu.... Mais après 8h30/9h car il y a un bateau à 7h30.
Tiens, tiens... On vient pas de nous expliquer qu'il n'y a pas de réservations possibles 🤔
Il semble clair que sans ''recommandations'', le visiteur de passage n'est pas une priorité pour cette marina. 
Nous sommes donc allés récupérer notre chaîne en annexe et avons fait le chargement sur le pont par l' avant au mouillage. Un dans l'annexe, un sur le pont. 
Gymnastique du jour ✔️
Quant au mouillage, parlons en, un imbroglio de bateaux tantôt sur ancre tantôt sur bouées. Certains flirtent avec le statut d'épaves et ne sont plus habités.


Nous passerons une nuit blanche à surveiller les évitements collés serrés avec nos voisins à chaque rafale sous grain. Le pied surtout après 20h de navigation depuis Tahaa !!! 
Essai Taina non transformé.
Une nuit nous aura suffit. C'est donc de Moorea, au calme dans la majestueuse Baie de Cook que nous flottons paisiblement solidement ancrés et tenus par notre ligne de mouillage étincellante.




9 août 2018

Vidéo

Vivre nos rêves de belles escales et de rencontres.
À bientôt les Milo 👍

Suivez le lien...
💻  https://vimeo.com/284058039

Ou cliquez sur la caméra 📹 

8 août 2018

Un week-end à un million

Même en Francs Pacifique la somme est rondelette. 1 million de xpf équivaut à 10 000€ tout de même !
C'est ce qu'il vous faudrait débourser pour passer 3 nuits dans l'un des hôtels mythiques de Bora Bora : Le Saint Régis.



Ouf... Pas besoin d'envisager la vente de sa rate pour payer la note, lorsque l'on débarque à Bora Bora avec sa maison flottante.👍
Même vue, même lagon cristallin, même nuit étoilée que nos voisins perchés sur pilotis en bordure de leur motu privatisé. 
Enfin non, ils faut bien reconnaître qu'ils ont un bonus plus : la vue sur Ti'Amaraa ⛵
Se rendent ils compte du privilège ? 😂😂😂 


Les maisonnettes sur notre bâbord. 
L'île de Bora Bora sur notre tribord. 
Nous regardons les lumières du Resort scintiller installés dans notre cockpit. L'eau est si belle que l'on est comme en lévitation. Ce soir là, éclairé par nos spots sous marins, il n'y a plus que le fond de sable et nous. Exit les trois petits mètres d'eau sous notre ligne de flottaison.
Dans cet espace réinventé, raies, requins et poissons curieux viennent s'adonner aux ondulations du soir. Magique !


Déjà lors de la navigation d'approche, nous avons eu cette douce impression de glisser sur un tapis volant tissé de turquoises et brodé d'or au gré du jeu du soleil et des nuages. Même si la tentation à la contemplation est grande, la vigilance doit rester de mise pour l'équipage. Nous voguons dans moins de 3 mètres d'eau cernés par les têtes de corail. Nous verrons au minimum 2,30 m. Vive le cata !!


Les monts vertigineux de la majestueuse Bora changent de silhouette au fur et à mesure de notre tour de lagon. Naviguer dans une carte postale a un sacré charme. 
Bien sûr, nous préférons les motus déserts à ceux colonisés par les structures étoilées. Mais Bora ne serait pas Bora sans eux. 
Nous ne passerions pas des semaines dans ces mouillages piégés entre les hôtels, le va et vient des navettes maritimes, le bruit des avions et des hélicos. Mais l'escale vaut tout de même le détour. 
D'autant que l'on peut accéder à des motus plus préservés aux mouillages enchanteurs.



Au delà des hôtels luxueux du lagon, l'île elle-même est totalement préservée. La randonnée jusqu'au point culminant de l'île, le mont Otemanu (727m) offre pour les plus sportifs un point de vue époustouflant sur Bora et son lagon azur. 
Bravo à nos guests pour le challenge physique et les belles photos 👍






À la capitale Vaitape, on s'attendait à trouver des boutiques de luxe, des restaurants huppés, des pubs aussi branchés que sonorisés. 
Oubliez les standards d'Ibiza ou de St Barth. La ville principale paisible s'étend le long de la côte entre un Super U, des épiceries chinoises et quelques boutiques de souvenirs. 
Le seul luxe que l'on trouve à Bora, comme partout en Polynésie, se sont les perles. 
Mesdames vous ne reviendrez pas avec un nouveau sac LXVI... En revanche, difficile de ne pas craquer pour la créativité locale autour de ces perles aux coloris variés.
L'offre couvre tous les budgets. 
Une fois de plus, bien loin des à priori, il est possible de se faire plaisir pour bien moins cher qu'une nuit sur pilotis.



Euhh Capitaine.... Ce serait ti pas l'anniversaire de ta coéquipière bientôt ? 😜


Allez OK. Je sors....me baigner avec mes nouveaux amis. 







28 juillet 2018

Taha'a, l'île vanille mais pas que...




L'or noir de Taha'a a une allure effilée, un coloris d'encre et une saveur envoûtante.


Lorsque nous avons fait escale dans cette jolie petite île, nous étions bien décidés à changer nos gousses du bord. Âgées de 9 ans tout de même (!) , elles ont parfumées nos rhums, sucre et gâteaux sans faillir. 
Notre première visite à terre est donc pour la Maison de la Vanille à Haamene dont tous les guides touristiques vantent la visite.
Porte close. Zut... Pourtant nous sommes bien dans les horaires normaux d'ouverture ? 🤔
Un gentil monsieur s'approche alors de nous. Il nous expliquera qu'il a fermé en attendant la nouvelle récolte car il n'a justement plus rien à vendre. La quantité produite mondialent a fortement diminué du fait de maladies ou autres (cyclone à Madagascar 1er producteur au monde, champignons destructeurs...). Du coup, la fameuse loi de l'offre et de la demande rentre en jeu et la vanille de très haute qualité de Taha'a y trouve son compte. 
Bonne nouvelle pour les producteurs. Le prix de vente a explosé et presque tout a été vendu. Ceci dit ils sont les premiers à déplorer cette montée ''artificielles" du prix unitaire limitant les petites ventes aux visiteurs de passage. 
Mauvaise nouvelle donc pour les petits acheteurs comme nous. Alors qu'il était aux environ de 350 euros le kilo, l'étiquette a allègrement franchi la barre des 600 euros lors de la dernière récolte. 
Nos ''vieilles'' gousses vont donc rester encore un peu sur Ti'Amaraa en attendant la prochaine saison et le nouveau cours.

Chemin faisant, de motus en baies protégées, de rencontres en discussions, nous avons fait la connaissance de Laurent. Installé depuis une quinzaine d'années, ce bordelais a développé une production de rhum agricole, de vanille et de produits dérivés d'huiles de coco ou de tamanu. 
Il n'en fallait pas plus pour nous convaincre de venir visiter...  et déguster l'huile de coco uniquement bien sûr 😜. 
Au fond de la baie protégée de Tapuamu, Ti'Amaraa a trouvé sa place pile en face de la distillerie et avec vue sur Bora Bora. Pas mal... 



C'est après une matinée snorkeling dans l'incroyable jardin de corail du motu Maharare que nous avons franchi les portes du domaine. 


Nous avons ainsi appris tous les stades de séchage de la vanille, découvert les vertus de la graine de tamanu en huile ou en savon, humer les flacons d'huile de coco parfumées à l'or noir. 





Mais contre toute attente, c'est la partie distillerie qui a le plus capté notre attention. 😉

L'écrin des premiers essais

Laurent, Artisan Distillateur comme il aime se définir, et son équipe sont des passionnés. Du ramassage de la canne O'Tahiti à la main, au pressage unique en passant par la fermentation contrôlée puis le bel alambic construit sur mesure et le chais de maturation et d'elevage, la visite vous transporte dans un voyage au cœur du savoir faire de cette production confidentielle.




Le travail minituieux se retrouve embouteillé pour une grande partie sur place sous l'appellation Rhum T (pour Taha'a). 
Un partenariat a aussi été mis en place avec le producteur des célèbres jus de fruits Rotui à Moorea. 
Des cannes de Taha'a une fois pressées sont expédiées par la mer pour être élaborées en un rhum intéressant nommé Manutea Tahiti.
Comble de la reconnaissance du travail commun des deux producteurs, le Manutea a obtenu un premier prix au salon international (Rhum Fest) de Paris 2018.




Amateurs de rhum, allez faire un tour sur la page de la distillerie de Taha'a :
www.domaineparipari.com
Et pour les plus curieux, il y a même une boutique en ligne avec expédition internationale.
Quant à ceux qui passeraient dans les parages, venez ! Un bel accueil vous attend. 

Perso, on a adoré le rhum T vieilli en fût de Sauternes 👍... Faute de vanille...