8 juillet 2018

Plonger à Fakarava


Nous rêvions depuis de très nombreuses années de pouvoir écrire ce titre.
À l'époque où nous sommes venus plonger en Polynésie, Fakarava était encore une destination à part. Le tourisme n'y était pas encore développé. Les clubs de plongée non plus. Nous étions "contentés" de Rangiroa. Les spots dans les passes restaient, jusqu'à aujourd'hui, nos plus beaux souvenirs sous l'eau.
Lorsque l'on voyage avec sa maison flottante, on peut appréhender les escales différemment. Nous rêvions de Fakarava. Ti'Amaraa vient d'y passer une dizaine de jours fabuleux.








D'autant plus que nous n'avons pas choisi notre période par hasard. Grâce à l'équipage copain de Mars (le bateau pas la planète 😉), nous avons en effet découvert le phénomène qui se déroule chaque pleine lune de juin uniquement dans la passe sud de cet atoll.
Des milliers de Mérous (loches marbrées) se concentrent dans ces centaines de m2 pour s'accoupler. Les duels entre mâles vont bon train. C'est une joute sous marine. Objectif : démontrer à sa belle qui est le plus fort et être ainsi choisi pour l'Acte THE nuit de l'année. Pas facile la vie de mérou tout de même... Bien sûr, toute cette chair fraîche attire les prédateurs. Sur place, on entend parler de mur de requins. Plus de 600 auraient été compatilisés.
Les éphémérides de Lune révisées, nous nous installons au mouillage le plus proche de la passe pour le Jour J.
Avec les capitaines de Merak et Jonathan, nous sommes une palanquée de 4 plongeurs autonomes. Nous avons tous notre matériel et Ti'Amaraa est équipé d'un compresseur de bouteilles de plongée.
Oui mais...
Pour bien profiter de la passe, il faut faire une plongée dérivante. C'est à dire se mettre à l'eau à l'extérieur de l'atoll, plonger en courant entrant et ainsi sortir tranquillement à l'abri dans le lagon après avoir vu défiler le spectacle sous nos yeux.
Choisir les heures de courant entrant, nous commençons à en avoir l'habitude. Quant à la logistique des annexes, Jef, le capitaine d'AquaVitae, se propose gentiment d'être notre chauffeur et sécurité surface.
On hésite... On se balade la veille en annexe dans la passe pour se rendre compte. Le club de plongée installé sur le Motu Tetamanu à l'entrée semble bien occuper le terrain avec ses nombreux bateaux et ses bungalows pour plongeurs.
Après briefing ''plongée'', nous arrivons tous les 4 à la même conclusion : On plonge avec le club.
Avec nos bateaux nous sommes tous assez autonomes (repas, excursions, plongée...) , il nous semble important de temps en temps de faire fonctionner les structures à terre.
Nous partons donc à leur rencontre pour inscrire 4 plongeurs. 


Le premier contact est avec un moniteur hyper sympa. Immédiatement, il nous confirme qu'il n'y aura pas de problème pour plonger le lendemain.
Super !!
75 000 xpf (62 euros) par plongeur matériel compris... Et pas de réduction si on vient avec notre matos. Soit...
L'affaire est conclue.
Alors que nous le suivons, pour enregistrer les noms sur les feuilles de palanquée, nous croiserons Laurent Ballesta (le fameux reportage sur le Mystère mérou c'est lui).
Bref, c'est au moment où nous remplissons la fiche de plongée que nous entendons des éclats de voix.
Tiens c'est notre monit sympa...
Avec son chef semble t'il...
Ah ben ils parlent de nous...
Grand tact Môsieur le chef devant des clients ...
On sent bien qu'on lui fait plaisir avec nos 4 fois 62 euros tout de même...
- Non, non et non... On les prend pas.
Ce sera Samedi ou c'est riiiien !!!

Ambiance...
Le jeune moniteur revient penaud. Il nous promet qu'il va essayer d'arranger ça et qu'il nous appelle via vhf dans la soirée pour confirmer.
Pour nous, c'est clair. Samedi ce sera trop tard. De plus, la météo prévoit une journée ventée et pluvieuse. 
Donc Mister cestmoilechef a trouvé la solution. Ce sera riiiiiiiiiengg !!! (prononcé à la toulousaine 🤣. N'est ce pas Marco ? Tu l'as le son 🔊 ) 
Pas certains qu'ils aient besoin de 4 plongeurs de plus pour boucler leur chiffre d'affaires... Quoique... Tant pis pour eux.

Plan B activé 
C'est donc en mode 100% autonome qu'on se lance dans cette passe. On briefe Jef. On estime le point GPS de largage, le lieu où l'on devrait refaire surface, la durée de la plongée. L'ipad est dans son caisson étanche. Notre super pilote pourra suivre de l'annexe. Merci Jef et Merci les Maajicat pour ce super accessoire.

Il y a un mélange d'excitation et d'adrénaline. 
Surtout qu'au moment de s'immerger, nos 2 comparses rencontrent des difficultés avec leur matériel. Ils passent donc en mode snorkeling.
Sauf que nous sommes déjà à l'eau tous les deux et il y a du jus ++. Zouuuu on descend.... Merdum la go pro est restée dans l'annexe. 
Jef assiste les tontons et leur soucis matos. Il ne nous entendra pas. Pas grave. On peut aussi plonger sans filmer. 
À peine sous l'eau, c'est un festival. Portés par le courant, nous survolons le tombant sud est de la passe. En cinémascope défilent des requins par centaine, des mérous innombrables, des raies, un enorme poisson Napoléon etc etc... dans un décor de corail multicolore baigné d'une eau cristalline nous offrant une visibilité de plusieurs centaines de mètres. 
Nous sommes propulsés au milieu de nuages de requins gris, pointe blanche et noire. Impossible de lutter contre le courant pour nous pauvre Homoplongibus. En revanche, ces élégantes beautés de la Nature sont statiques à contre courant se reposant de leur nuit de fête. 
Qui observe l'autre ? That's the question? 
Incroyablement beau. Époustouflant !! 
Quelle vie !!
Elle est belle notre planète 🌏 
Nos rétines sont gravés à vie de ces images. In fine, nous ne regrettons pas l'absence de notre gopro. Nous avons ainsi pu tous les deux vivre pleinement ce moment unique. 
Nous ressortons de l'eau comme groguis par ce spectacle avec une seule envie y retourner... Avec la camera cette fois, promis. 
Jef assure. Il nous récupère pile poil.
Une sacrée team sur et sous l'eau, les tontons 👍.

Nous devrons attendre 2 jours le passage d'une dépression avant de pouvoir refaire un tour de manège. 
Cette fois-ci, la palanquée est au complet. La caméra tourne. 
L'eau est plus turbide compte tenu des 2 jours précédents. Les mérous ont disparus comme par enchantement. Fin de la fiesta. Une partie des requins aussi mais il reste encore du monde là dessous. 
30 mn de pur bonheur.
Nous reviendrons plonger à Fakarava
👌👌👌👌👌👌 👌 👌 👌 👌

Enfilez vos palmes et vos combinaisons, on vous emmène 
Et en particulier vous, nos amis d'ESM. Nous étions reliés par voies sous marines lors de votre week-end Estartit. ❤️
Point de chips au vinaigre ici, mais on vous confirme que notre Pierrot est toujours là... S'il s'est installé sur une étoile c'est certainement une de mer.

La vidéo est là 
Ou en suivant le lien :








Les Tuamotus en vidéo

Lorsque l'on met la tête sous l'eau aux Tuamotus  voilà ce que l'on voit 
La vidéo est
Ou en suivant le lien :

25 juin 2018

Flash back : La transpacifique en vidéo

Il nous aura fallu du temps pour trouver un réseau permettant de mettre en ligne la vidéo de ce mois de navigation.
C'est chose faite  👍
Suivez le lien :

Ou cliquez  

21 juin 2018

En traversant les Tuamotus...

Ti'Amaraa a décidé d'entrer dans le grand terrain de jeu qu'est la Polynésie française par la porte de derrière. 
Après avoir choisi une route Panamá-Gambier nettement moins traditionnelle que celle pour les Marquises, nous avons décidé de poursuivre notre remontée vers Tahiti en faisant escale dans des atolls des Tuamotus aux noms inconnus comme Amanu et Tahanea. 

Au cœur d'Amanu, appelé le nombril par les locaux
Incroyablement beau !!! 


Lorsque l'on vit en autonomie au mouillage dans ces lagons sauvages, le temps s'arrête. On vit en symbiose avec la Nature. Quelle beauté !! Sur l'eau, sous l'eau, tout est incroyablement riche, beau et libre.



Comment décrire ces moments à l'arrière de nos jupes à observer les poissons multicolores de toutes taille à la chasse à nos épluchures encerclés par les curieux requins pointe noire ? 
Difficile de trouver les mots quand dès notre premier snorkeling à Amanu, nous nous retrouvons nez à nez avec 2 splendides raies mantas. Elles resteront de longues minutes à tournoyer autour de nous sans crainte. Magique !!! 
C'est ça, les Tuams!!! 

Minouuuu y a des bêtes dans la piscine !!! 

Minouuuu ... La nuit aussi !!! 

Pour les quelques happy few au mouillage, les échanges sont immédiats. Nous ne sommes qu'une poignée de bateaux. Les discussions multiculturelles fusent. On échange les recettes françaises contre celles suédoises. 

Escale à Amanu avec les copains de Ieta et Fortune Light


La vie coule tranquillement...
Enfin... jusqu'à ce qu'on veille lever l'ancre... 
Car le piège pour nous pauvres navigateurs c'est la love story entre notre chaîne et les patates de corail. 
Après plusieurs jours à l'ancre, au gré du vent, nos bateaux dessinent de jolis gribouillis sur nos applications d'alarme de mouillage sauf que dessous cela ressemble à un labyrinthe de corail et de chaîne. 
Bon ben, y a plus qu'à démêler. 
Lorsque l'on est sur moins de 10 mètre de fond, on voit bien du bateau. Alors on zigzague pour dérouler notre chaîne. 
1ère patate ok
Allez... Le feu de piste continue jusqu'à enfin pouvoir lever notre ancre.
La première fois c'est assez déroutant puis on s'habitue. 
La plaisanterie devient nettement moins drôle lorsque l'on est ancré sur des fonds de plus de 10 mètres. 
La visibilité du pont est moins bonne. 
C'est dans ce genre de cas que la solidarité entre navigateurs prend encore une fois tout son sens. 
Opération exfiltration du piège patate des copains. 
Étant plongeurs et équipés, c'est en effet souvent le Cap qui se voit charger de la mission de démêlage au fond. 
C'est ça aussi les Tuams !! 



Quant à l'avitaillement, on confirme.  Non !! Vous ne mourrez pas de faim à Amanu !! 
Officiellement, 200 personnes vivent dans l'unique petit village. Toutes les 3 semaines, un cargo de ravitaillement s'arrête à l'extérieur du lagon. 
Un peu comme les émissaires envoyés par les conquistadors en chaloupe, ils mettent à l'eau une barge et un petit bateau chargés de vivres. 
Sur le quai, c'est LE rendez-vous du mois. Dans la bonne humeur, sans bousculade ni sauts d'humeur, chacun essaye de trouver de quoi remplir son panier. 
Les locaux appellent d'ailleurs ce moment: "faire les courses à l'aventure". 
Nous avons donc rejoint la danse et tenter notre chance. 
Résultat : 1 kg de pommes de terre, 1 kg de carottes, 1kg d'oignons et 20 œufs pour 10 euros. Nickel !! 
Nous n'avions pas besoin de plus. Mais si on veut des produits congelés, il suffit juste d'un peu de patience . Les commandes sont enregistrées, transmises au cargo. Le petit bateau file à travers la passe et les courants récupéré la glacière. Zou retour au village où un peu comme pour une remise des prix, tout le monde attend fébrilement que son prénom soit appelé pour venir récupèrer son gigot, ses cuisses de poulet ou encore son pot de glace choco/coco. 
Soit dit en passant le coup de la commande par prénom c'est pas hyper judicieux. Quand ''Sandra" a été appelée pour récupérer son veau entier (congelé), on commençait déjà à se demander où on avait buggué et surtout ce qu' on allait faire de l'animal. On a été rassurés lorsque l'on a fait la connaissance de Sandra, habitante du village qui elle ne semblait pas en peine avec la carcasse. Ouff

Ah oui, on oubliait. Bien sûr, la barge en profite pour embarquer du matériel vers le cargo. En l'occurrence, le jour où nous attendions nos œufs, ils devaient charger une foreuse. Genre papa foreuse qui pèse son poids en équivalent cacahuète. 
En toute spontanéité, les hommes du village sont allés prêtés main forte aux gars de la barge. Le cap aussi bien sûr. Il y avait presque trop de bonnes volonté autour de cette foreuse qui a littéralement décollé du plancher des cocotiers pour partir en vadrouille vers d'autres sols à creuser. 
Ça se passe comme ça les courses "à l'aventure". 
C'est ça aussi les Tuams !!! 
Nous sommes loin de l'ambiance caddy, samedi après midi où personne ne se parle. 
On n'imagine même pas le nombre de bonnes volontés qui lacheraient cabas et smartphones pour aider des magasiniers en difficulté.

Trop fort ce Cap'


Enfin, qui dit Tuamotus, dit bien sûr Rangiroa et Fakarava.
Les 2 plus grands atolls.
Les plus touristiques aussi.
Le premier, nous y avions fait un court séjour en 2006. Nous y amèneront Ti'Amaraa une autre fois. 
Le second, un rêve, un mythe. La Mecque des plongeurs.
Et nous y sommes !!! C'est d'un mouillage paisible de Fakarava que nous vous écrivons aujourd'hui. 
Bien que fatigués par une nuit de navigation éprouvante, nous étions bel et bien réveillés lors de notre entrée par la passe sud au petit matin. Une douce odeur de fleur virevolte dans l'air. Le lagon dévoile pudiquement sous les premiers rayons du soleil ses dégradés turquoise. L'eau est si translucide que l'on a l'impression de voler. Nous sommes aux anges.
Les couchers de soleil sur le lagon de Fakarava sont à couper le souffle  


Nous voulions être ici pour la pleine lune de Juin. Date emblématique correspondant au rassemblement annuel des mérous dans la passe sud. Nous allons essayer d'aller voir ce qui se passe sous l'eau.
En attendant que l'on puisse avoir suffisamment de réseau pour vous partager nos prises de vue, si ça vous intéresse, vous devriez pouvoir trouver sur internet le magnifique reportage de Laurent Ballesta '' Le mystère mérou ''. Vous verrez où et avec qui on va buller dans quelques jours.