20 juillet 2018

Les couleurs de Tahiti

Le vert est la première couleur qui accueille le voyageur en escale.


D'autant plus qu'après des semaines à parcourir les atolls des Tuamotus, nos rétines étaient plutôt habituées aux dégradés de bleus. 
Les pentes vertigineuses sont couvertes de végétation aussi hautes que denses. Les verts tantôt doux tantôt profonds dessinent des arabesques qui guident l'œil vers les sommets et leurs vallées, écrins émeraude. 
Les balades à l'intérieur des terres nous permettent de reprendre un bol de chlorophylle. On démarrerait presque un cycle de photosynthèse.


Léon va se plaire ici. Lui aussi après son mois de transpacifique a besoin de ses compatriotes feuillus. 

Soyez rassurés. Il n'est pas en souffrance. C'est d'ailleurs lui qui va présenter la seconde couleur de Tahiti : le blanc. 


S'il fallait donner un emblème de Tahiti, ce serait incontestablement la blancheur au parfum envoûtant des Tiaré Tahiti appelées aussi « fleur de Tahiti » ou Fleur de Tiare (nom scientifique, Gardenia tahitensis). 
Au delà de la beauté et de la pureté des pétales et de son puissant parfum jasmin qui vous enveloppe, elle représente à elle seule l'accueil, la convivialité et la gentillesse qui règnent au Fenua. 


La tradition veut en effet qu'un collier de fleurs soit offert à chaque nouvel arrivant. Les valeurs, la culture se perpétuent avec la même générosité et les mêmes sourires.
Un grand merci à Bernard pour son accueil surprise lors de notre passage à l'aéroport de Fa'a. Nous étions arrivés à Tahiti par la mer en toute discrétion. Il a tenu à honorer la tradition. Un formidable accueil. 


Pour passer du blanc au rouge, il suffit d'aller de l'aéroport au marché de Papeete. 
Abritées sous une jolie structure métallique, les belles tables dressées de nappes rouges sont le présentoir des créations locales. 



En déambulant dans les allées, on papaute avec les fleuristes devant leurs étals enivrants. On parle de la pluie, enfin plutôt du beau temps, avec le poissonnier. On s'émerveille devant les créations artistiques autour des célèbres perles noires. On essaye les chemises et robes aux tissus imprimés d'hibiscus. Le bleu des cartes postales attire l'oeil. 
Le créateur des arcs en ciel doit certainement venir puiser ses pigments ici. 

Tiens d'ailleurs parlons du jaune. 
Celui des mangues, des ananas, des bananes, des giraumons, des fruits de la passion. 
Notre panier déborde de fruits et légumes. Nous n'avions pas retrouvé autant de choix depuis Panamá. Notre compteur vitamines affiche full. On se régale. 


Quant aux tarifs, si l'on achète en bord de route aux vendeurs ambulants c'est très abordable. Comptez par exemple environ 2 euros l'ananas. Pas si mal 😉

Et le bleu alors ? 
Serait ce un retour de flamme patriotique ? Oui, nous sommes heureux d'être en terre française sur cet océan pacifique. Alors quoi de mieux qu'un défilé du 14 juillet au cœur de Papeete pour se refaire une mise à jour du bleu des uniformes. 
Ambiance bucolique garantie. 
Toutes les huiles sont au rendez-vous... Y compris celles parfumées au tiaré dont Miss Tahiti herself 👍
Gendarmes, pompiers, légionnaires, policiers... Et même un tractopelle (??) arpentent fièrement la petite avenue devant le Président de la Polynésie Française. 
Point de Patrouille de France. Juste une drôle de parenthèse dans notre vie de voyageurs loin de l'hexagone.





Il nous manque des couleurs. Le rose des lèvres. L'oranger des costumes fleuris. Le marron du bois des instruments. Le noir des perles d'ornement ...
L'explosion et le mélange de ces couleurs atteint son paroxysme au Heiva. Le concours/fête annuel de chant et de danse polynésiens. Chaque soir pendant une dizaine de jours, les groupes sélectionnés se produisent sur la grande scène en extérieur. Nous avons eu le plaisir d'assister à l'une de ces soirées. De 18h à 23h, un festival de créativité, de talents, de costumes époustouflants. À faire et à refaire sans hésitation. 



Pour finir, n'oublions pas la couleur majeure de ce dimanche 15 juillet : l'OR !!!
Celui de la coupe du monde de football ⚽. 
Ici aussi il y a eu du popopoooo 🎉🎉🎉, du '' on est les champions" 🎶🎶
Le coup d'envoi était à 5h du mat' heure locale. Quelques bars ont joué le jeu. Alors, nous aussi.
Réveil programmé à 4h du matin. 
Si on nous l'avait dit, nous toulousainnnnngs se lever aux aurores pour un ballon même pas ovale. 
Et, nous avons bien fait.
Encore une fois merci Bernard et David de nous avoir intégré à cette joyeuse tablée. 
Grosse ambiance entre le pub puis peu à peu dans les rues de Papeete. 
Les bleu, blanc et rouge se declinaient sous toutes leurs formes. Partager la joie des locaux polynésiens ou expat' sera un souvenir inoubliable.
Dites les bleus, il y aurait moyen de nous faire ça tous les quatre ans ? 



Merci Bernard Merci David 🇫🇷🎉⚽🎶


Notre premier contact avec Tahiti fut un kaleidoscope de beaux et bons moments 
Nous reviendrons y passer un peu plus de temps en septembre. Pour l'heure, c'est reprise de l'exploration avec nos guests on board. 
Au programme : Tahiti, Moorea, Huahine, Bora Bora, Raiatea, Tahaa... What else? 

Bises de Moorea 


11 juillet 2018

La promesse d'un rêve

Août 2009, nous embarquons à bord du gros oiseau blanc de Air Tahiti Nui le cœur gros. C'est la fin de notre troisième et dernier séjour de vacances en Polynésie française en famille. 
Du jour où nous avons posé nos tongs sur cette terre, nous avons su.
Su que nous reviendrons,
Su que cet art de vivre était notre,
Su que nous étions à jamais contaminés. 
Ce doux virus aux senteurs de tiare a infiltré nos pores et nous a condamné à perpétuité. 

Déjà en 2007, nous avions expliqué notre rêve (utopique à l'époque) au tatoueur de Moorea. Le dessin qu'il a créé autour de notre histoire et gravé à jamais sur l'épaule du Cap' représentait pour nous une promesse. Celle de revenir par la mer avec notre propre bateau et de vivre un bout ici. 
Nous nous le sommes promis...
Ce simple tatouage est devenu notre étendard, notre objectif. 

Du rêve, au projet, à la réalité... 

Jusqu à ce petit matin de juillet, 11 ans plus tard, après deux jours de navigation, les élégantes silhouettes de Tahiti et Moorea apparaissent face à nos étraves dans les lueurs de l'aube naissante.



Même le vent s'est fait tendre et s'arrange pour nous offrir une arrivée en douceur sous voile nous laissant le temps de savourer chaque seconde de ces derniers miles. La prestance du phare de la pointe Vénus nous renvoie à nos souvenirs. Un film en noir et blanc avec les deux mêmes personnages, un même phare regardant vers le large ... Le même large d'où Ti'Amaraa arrive en couleurs. Ce n'est plus de la fiction.




Des airs de tamouré résonnent dans nos enceintes et emportent avec eux une vague d'émotions. 
Nous sommes assis à la barre tous les deux. Les yeux brillants vissés vers les contours montagneux qui se dessinent. Nous ne parlons pas. Que nous dire?
On sait la promesse, les années, le chemin parcouru jusqu'au départ, les navigations, les escales, les rencontres et les embûches.
On sait que le voyage n'est pas fini mais que l'on a réussi un bout.
On devine les mois de bonheur qui nous attendent dans notre patrie de ❤️.
Nous avons fait cette route depuis Fakarava en flottille avec nos 3 tontons. Pour eux, le chemin continue vers Papeete. Celui de Ti'Amaraa s'arrête un peu plus au Nord à Arue.


C'est le moment de se dire au revoir par vhf interposée à grand renfort de musique polynésienne sur la bande.
Désolés pour ceux qui étaient ce jour là en veille sur le 68 😂😂. À bientôt les Amis. 

Au plus vite, nous filons à terre pour nous inoculer un shoot de notre virus préféré. 
Remarcher dans nos pas dans le centre de Papeete, regarder les Aremiti ferry sillonner la passe, Dîner aux roulottes.
Observer Papeete 2018 comme on retrouve un vieil ami après de longues années. 
S'immerger, respirer les odeurs de fleurs, s'imprégner des sourires généreusement offerts par tous.




Pas de doute... Nous sommes au Fenua et on aime ça. 
Un nouveau chapitre à écrire dans notre livre des possibles. 

8 juillet 2018

Plonger à Fakarava


Nous rêvions depuis de très nombreuses années de pouvoir écrire ce titre.
À l'époque où nous sommes venus plonger en Polynésie, Fakarava était encore une destination à part. Le tourisme n'y était pas encore développé. Les clubs de plongée non plus. Nous étions "contentés" de Rangiroa. Les spots dans les passes restaient, jusqu'à aujourd'hui, nos plus beaux souvenirs sous l'eau.
Lorsque l'on voyage avec sa maison flottante, on peut appréhender les escales différemment. Nous rêvions de Fakarava. Ti'Amaraa vient d'y passer une dizaine de jours fabuleux.








D'autant plus que nous n'avons pas choisi notre période par hasard. Grâce à l'équipage copain de Mars (le bateau pas la planète 😉), nous avons en effet découvert le phénomène qui se déroule chaque pleine lune de juin uniquement dans la passe sud de cet atoll.
Des milliers de Mérous (loches marbrées) se concentrent dans ces centaines de m2 pour s'accoupler. Les duels entre mâles vont bon train. C'est une joute sous marine. Objectif : démontrer à sa belle qui est le plus fort et être ainsi choisi pour l'Acte THE nuit de l'année. Pas facile la vie de mérou tout de même... Bien sûr, toute cette chair fraîche attire les prédateurs. Sur place, on entend parler de mur de requins. Plus de 600 auraient été compatilisés.
Les éphémérides de Lune révisées, nous nous installons au mouillage le plus proche de la passe pour le Jour J.
Avec les capitaines de Merak et Jonathan, nous sommes une palanquée de 4 plongeurs autonomes. Nous avons tous notre matériel et Ti'Amaraa est équipé d'un compresseur de bouteilles de plongée.
Oui mais...
Pour bien profiter de la passe, il faut faire une plongée dérivante. C'est à dire se mettre à l'eau à l'extérieur de l'atoll, plonger en courant entrant et ainsi sortir tranquillement à l'abri dans le lagon après avoir vu défiler le spectacle sous nos yeux.
Choisir les heures de courant entrant, nous commençons à en avoir l'habitude. Quant à la logistique des annexes, Jef, le capitaine d'AquaVitae, se propose gentiment d'être notre chauffeur et sécurité surface.
On hésite... On se balade la veille en annexe dans la passe pour se rendre compte. Le club de plongée installé sur le Motu Tetamanu à l'entrée semble bien occuper le terrain avec ses nombreux bateaux et ses bungalows pour plongeurs.
Après briefing ''plongée'', nous arrivons tous les 4 à la même conclusion : On plonge avec le club.
Avec nos bateaux nous sommes tous assez autonomes (repas, excursions, plongée...) , il nous semble important de temps en temps de faire fonctionner les structures à terre.
Nous partons donc à leur rencontre pour inscrire 4 plongeurs. 


Le premier contact est avec un moniteur hyper sympa. Immédiatement, il nous confirme qu'il n'y aura pas de problème pour plonger le lendemain.
Super !!
75 000 xpf (62 euros) par plongeur matériel compris... Et pas de réduction si on vient avec notre matos. Soit...
L'affaire est conclue.
Alors que nous le suivons, pour enregistrer les noms sur les feuilles de palanquée, nous croiserons Laurent Ballesta (le fameux reportage sur le Mystère mérou c'est lui).
Bref, c'est au moment où nous remplissons la fiche de plongée que nous entendons des éclats de voix.
Tiens c'est notre monit sympa...
Avec son chef semble t'il...
Ah ben ils parlent de nous...
Grand tact Môsieur le chef devant des clients ...
On sent bien qu'on lui fait plaisir avec nos 4 fois 62 euros tout de même...
- Non, non et non... On les prend pas.
Ce sera Samedi ou c'est riiiien !!!

Ambiance...
Le jeune moniteur revient penaud. Il nous promet qu'il va essayer d'arranger ça et qu'il nous appelle via vhf dans la soirée pour confirmer.
Pour nous, c'est clair. Samedi ce sera trop tard. De plus, la météo prévoit une journée ventée et pluvieuse. 
Donc Mister cestmoilechef a trouvé la solution. Ce sera riiiiiiiiiengg !!! (prononcé à la toulousaine 🤣. N'est ce pas Marco ? Tu l'as le son 🔊 ) 
Pas certains qu'ils aient besoin de 4 plongeurs de plus pour boucler leur chiffre d'affaires... Quoique... Tant pis pour eux.

Plan B activé 
C'est donc en mode 100% autonome qu'on se lance dans cette passe. On briefe Jef. On estime le point GPS de largage, le lieu où l'on devrait refaire surface, la durée de la plongée. L'ipad est dans son caisson étanche. Notre super pilote pourra suivre de l'annexe. Merci Jef et Merci les Maajicat pour ce super accessoire.

Il y a un mélange d'excitation et d'adrénaline. 
Surtout qu'au moment de s'immerger, nos 2 comparses rencontrent des difficultés avec leur matériel. Ils passent donc en mode snorkeling.
Sauf que nous sommes déjà à l'eau tous les deux et il y a du jus ++. Zouuuu on descend.... Merdum la go pro est restée dans l'annexe. 
Jef assiste les tontons et leur soucis matos. Il ne nous entendra pas. Pas grave. On peut aussi plonger sans filmer. 
À peine sous l'eau, c'est un festival. Portés par le courant, nous survolons le tombant sud est de la passe. En cinémascope défilent des requins par centaine, des mérous innombrables, des raies, un enorme poisson Napoléon etc etc... dans un décor de corail multicolore baigné d'une eau cristalline nous offrant une visibilité de plusieurs centaines de mètres. 
Nous sommes propulsés au milieu de nuages de requins gris, pointe blanche et noire. Impossible de lutter contre le courant pour nous pauvre Homoplongibus. En revanche, ces élégantes beautés de la Nature sont statiques à contre courant se reposant de leur nuit de fête. 
Qui observe l'autre ? That's the question? 
Incroyablement beau. Époustouflant !! 
Quelle vie !!
Elle est belle notre planète 🌏 
Nos rétines sont gravés à vie de ces images. In fine, nous ne regrettons pas l'absence de notre gopro. Nous avons ainsi pu tous les deux vivre pleinement ce moment unique. 
Nous ressortons de l'eau comme groguis par ce spectacle avec une seule envie y retourner... Avec la camera cette fois, promis. 
Jef assure. Il nous récupère pile poil.
Une sacrée team sur et sous l'eau, les tontons 👍.

Nous devrons attendre 2 jours le passage d'une dépression avant de pouvoir refaire un tour de manège. 
Cette fois-ci, la palanquée est au complet. La caméra tourne. 
L'eau est plus turbide compte tenu des 2 jours précédents. Les mérous ont disparus comme par enchantement. Fin de la fiesta. Une partie des requins aussi mais il reste encore du monde là dessous. 
30 mn de pur bonheur.
Nous reviendrons plonger à Fakarava
👌👌👌👌👌👌 👌 👌 👌 👌

Enfilez vos palmes et vos combinaisons, on vous emmène 
Et en particulier vous, nos amis d'ESM. Nous étions reliés par voies sous marines lors de votre week-end Estartit. ❤️
Point de chips au vinaigre ici, mais on vous confirme que notre Pierrot est toujours là... S'il s'est installé sur une étoile c'est certainement une de mer.

La vidéo est là 
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Les Tuamotus en vidéo

Lorsque l'on met la tête sous l'eau aux Tuamotus  voilà ce que l'on voit 
La vidéo est
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