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15 mars 2019

Nuku Hiva en images


Que le temps passe vite.
Le mois de mars est déjà bien grignoté. La saison cyclonique touche bientôt à sa fin. Nous allons tranquillement revenir profiter de la belle saison aux îles de la Société et Sous le vent.

Trois mois que nous sillonons les îles Marquises et nous sommes loin d'avoir tout visité.  Hiva Oa, Fatu Hiva, Tahuata, Ua Pou, noms et escales mythiques où l'on oublie le sens du  grand sablier.

Lorsque le fil du temps se mêle aux lignes des arbres généalogiques, l'on se retrouve à tisser d'escales en rencontres des tissus d'échange et d'amitié.

C'est ainsi que nous nous retrouvons à Nuku Hiva avec un planning chargé. 
Livrer du matériel que nous avons acheminé depuis Tahuata 
Rencontrer la branche locale de la famille de nos amis (merci Lauretta pour cette journée partagée à la découverte de ta belle île ) 
Retrouver des copains navigateurs qui ont pris d'autres routes. 
Parcourir routes et pistes de l'île '' capitale'' des Marquises
Trouver un créneau météo pour refaire route sur Tahuata (et oui Ti'Amaraa livre aussi dans ce sens là 😉)

Une petite semaine nous aura toutefois permis de zigzaguer de long et large et découvrir la diversité des paysages offerts. 
Alors, une fois n'est pas coutume. Point de mots, des photos.

Entrez dans l'album '' Nuku Hiva''. 




Hatiheu et les sites archéologiques de  Kamuihei et Hikokua



Représentation des 6 îles des Marquises 

Les célèbres petropglyphes

Un des plus vieux arbre sacré  un banian estimé à 500 ans
De la famille des Ficus, ça donne espoir pour Léon  notre focus de 26 ans


Le trou '' pridon'' pour les prochaines victimes lors des sacrifices humains 




Taiohae, la ville, sa cathédrale et Tiki Tuhiva (la plus grande statue moderne du Pacifique 12 mètres).
Glisser un message via le pito, nombril, de la femme Tiki, emblème de la gardienne du savoir porterait bonheur.




Cathédrale de Taiohae. L'occasion de retrouver notre ami Pascal  évêque des Marquises

Le fabuleux travail d'Edgar
Répétition de danses marquisiennes et Haka

Répé ouverte au public... initié 👍😉



Entre la bénédiction par l'évêque et le message du Nombril, on repart hyper protégés 😉

Chacun gare sa monture '' à la ville '' 👍



Les pistes de la côte nord, Aakapa, Pua









Le plateau de Toovii, la Suisse aux Marquises. Conifères, résineux, bovins... Quelques degrés en plus





Lors de la prochaine saison cyclonique nous reviendrons aux Marquises et consacrerons plus de temps à cette île. Les chemins de randonnée nous font de l'œil. Les mouillages isolés aussi

8 mars 2019

À la découverte de Ua Pou


105 km2 d'histoire, de culture, de curiosités naturelles attendent les visiteurs à Ua Pou.


Mouillages de Hakahau et Hakahetau 


Huit jours de calme annoncés nous ont donc permis de tracer notre route vers cette pépite souvent oubliée sur la route des navigateurs pressés.


Quelques étoiles filantes plus tard, nous arrivions à la pointe sud de cette île à la silhouette si caractéristique escortés par une dizaine de dauphins aussi matinaux que joyeux.


L'image de cet horizon découpé parle immédiatement au regard. Nulle part ailleurs nous n'avons vu une île aussi ciselée.


Seule île volcan à caldeira fermée effondrée à l'intérieur pendant l'éruption. 
Résultat : pas de récif corallien et la lave qui perce en 12 points formant des geysers aujourd'hui refroidis en pitons élancés dessinant des courbes escarpées vertigineuses.




Cœur de l'île, les pics semblent se donner la main pour former le réceptacle jade collecteur des quelques pluies qu'ils volent aux nuages accrochés. Pandanus, Aitos, Cocotiers, Caféiers, Avocatiers, Fruitiers en tous genre, fleurs et arbres endémiques occupent les crêtes et vallées. Ua Pou y préserve aussi son âme et son histoire.
Ce peuple marquisien qui vécu seul au milieu des mers pendant plus de 1000 ans, a développé une culture, un artisanat, une histoire et des rites qui aujourd'hui encore sont dessinés sur les corps et coulent dans les veines des locaux. 


De naissance, d'adoption, nous avons rencontré des habitants passionnés par leur île.
Nous passerons des moments riches humainement comme par exemple ceux passés avec Rose et Piero à Hakahetau autour de la table de leur restaurant ''cuisine du monde avec touche marquisienne ''. 


Un autre couple Franco Marquisien détonant est aussi à découvrir : Elisa et Jérôme. 
Elle, aux manettes de leur pension de famille accueillante à Hakahau ( www.pensionpukuee.com ).



Lui, en sa qualité de guide officiel (Ua Pou randos et découvertes), fait découvrir aux curieux les mille et une facettes de son île d'adoption. Plus que de simples excursions, un voyage au cœur de cette civilisation. 
Tel un livre ouvert, il nous racontera le Patutiki (tatouage marquisien), les rites en visitant les paepae, les plantes endémiques en randonnant à tutoyer les pitons et aussi l'histoire géologique unique de Ua Pou.

THE guide!!! Et la team du jour



Connaissez vous les '' cailloux fleuris''? 
Formés d'une pâte brunâtre de verre volcanique brutalement refroidi, ces pierres renferment des minéraux jaunes cristallisés en forme de petites fleurs. 
Ces cailloux fleuris proviennent en fait de l'érosion d'une mince couche de 50 cm d'épaisseur sur la partie extérieure des pitons. À l'intérieur des aiguilles la phonolite (non ce n'est pas du basalte !) a sa teinte originale gris bleutée. Alors, pourquoi ces cailloux bruns et comment ces fleurs ? 


Au contact de l'air, la partie externe encore chaude et visqueuse a rapidement refroidi en formant une sorte de croûte. Les gaz emprisonnés à l'intérieur de cette lave se sont frayés un chemin à travers des fractures pour s'évacuer en fumerolles (700°C) emportant avec eux des éléments chimiques . Ceux sont ces minéraux magmatiques qui ont cristallisé en formant des amas de fleurs. 
On trouve des équivalents de ces curiosités naturelles en Éthiopie et dans le Massif Central mais la roche et la nature des fleurs sont différentes. 
Les Phonolites à Grenat de Ua Pou sont les seuls au monde à avoir développé ces fameux ''cailloux fleuris'' si prisés des sculpteurs et des joailliers. 
Grâce à Jérôme, nous avons pu jouer à la chasse au trésor fleuri sur la plage.

Photo et découverte par Jérôme 👍

Nous avons eu aussi la chance de visiter un petit atelier artisanal familial. Le père découpe les gros blocs et sculpte. La mère sculpte les pièces plus petites (tikis, tortues...). La fille s'occupe du long ponçage/polissage de finition.


Il est important de se rendre compte sur place du travail que représente chaque création artisanale. Nous l'avons vu avec les sculpteurs de bois et d'os à Tahuata. Nous le retrouvons à Ua Pou avec les œuvres réalisées en cailloux fleuris.
C'est la première fois que nous faisons escale dans un archipel aussi riche culturellement et dont l'artisanat est une des ressources majeures.

Il faut venir respirer le Henua Enata (la terre des hommes) aux Îles Marquises, aller au ''Puna'' (à la source), écouter et entendre l'esprit de leurs vallées, sentir leurs croyances.


En attendant votre visite prochaine, une petite idée nous est venue. 
Et si nous faisions connaître l'artisanat marquisien à nos lecteurs ? 
Nous envisageons, en effet, de créer une ''collection'' en dépôt/vente sur Ti'Amaraa pour participer à la transmission de ce savoir, ce patrimoine si riche et si mystérieux. 

Nous pensons donc au gré des îles acheter quelques petites pièces uniques d'art marquisien en bois, os, pierre et graines. 
Elles seraient alors disponibles pour ceux qui viendront à bord ou en expédition postale lors de notre retour sur Papeete courant avril pour ceux qui voudraient recevoir un bout du mana marquisien à la maison. 
Intéressés ??